Opéra

Anna Bolena, grande victime expiatoire

L’Opéra de Lausanne présente une production aux costumes et décors riches. Cet éclairage historique colle parfaitement au drame de Donizetti, malgré une direction d’acteurs sommaire. On se concentre sur les voix, de qualité

Anne Boleyn, c’est elle: une reine au destin tragique, décapitée par son mari Henri VIII pour des raisons davantage politiques – elle n’a pas enfanté d’héritier mâle – que sentimentales. Une relation ambiguë, placée sous le sceau du pouvoir et de la manipulation.

Dans le 30e opéra de Donizetti librement adapté de faits historiques, Anna Bolena affronte son mauvais sort avec sang-froid. Souveraine dans le malheur, elle accorde le pardon à sa rivale (Giovanna Seymour) et à son page (Smeton), secrètement amoureux d’elle. Accusée d’adultère avec son ancien amant Lord Percy, elle finira au pilori après une scène de la folie – la première de l’opéra romantique italien – qui deviendra un genre en soi et lancera une mode dans les années 1830 en Italie.