ski alpin

Anna Fenninger frustre Vonn et éclipse Lara Gut

L’Autriche remporte le premier titre des Championnats du monde de ski. Partie avec de gros espoirs de victoires, Lara Gut, première Suissesse, termine septième

Anna Fenninger frustre Vonn et éclipse Lara Gut

Ski alpin L’Autriche remporte le premier titre des Championnats du monde de ski

Partie avec de gros espoirs de victoires, Lara Gut, première Suissesse, termine septième

Gut ou Vonn? Lindsey ou Lara? Le premier titre mis en jeu aux Championnats du monde de ski ne devait pas échapper à la Suissesse ou à l’Américaine. Raté. Les deux superstars du ski féminin ont été éclipsées par deux championnes moins médiatiques mais tout aussi talentueuses, Anna Fenninger et Tina Maze. Sur la piste Raptor de Beaver Creek, amputée de sa partie haute en raison de bourrasques de vent qui retardèrent le départ de trente minutes, l’Autrichienne Anna Fenninger a remporté la médaille d’or du super-G avec trois centièmes d’avance seulement sur la Slovène Tina Maze. Troisième, l’Américaine Lindsey Vonn monte tout de même sur le podium tandis que Lara Gut, première Suissesse, se classe septième.

Maria Walliser reste donc pour au moins deux ans encore la seule Suissesse championne du monde de super-G. C’était à Crans-Montana, en 1987. Bernhard Russi avait pourtant dessiné dans la montagne du Colorado une piste raide, exigeante, rythmée qui devait parfaitement convenir au ski tout de puissance maîtrisée de la jeune Tessinoise. Il faut croire que l’avantage dont bénéficiait Fenninger était plus déterminant. Les portes de ce super-G avaient en effet été placées par l’entraîneur autrichien Roland Assigner.

Les statisticiens et les superstitieux n’avaient pas manqué de souligner avant la course que les Autrichiennes avaient remporté les trois grands super-G piquetés par l’un des leurs (Jeux olympiques de Turin, Vancouver, Sotchi). La série se prolonge donc sans que l’on puisse y voir davantage qu’un clin d’œil de l’histoire.

Car Lara Gut n’a pas été battue que par Fenninger. «Je ne vois pas qui peut battre Lara», s’avançait Russi avant la course. En fait, six filles ont fait mieux que la Tessinoise. Ballottée par le tracé, elle jeta plusieurs fois ses skis en travers, perdant vitesse et illusion. Une grosse déception pour celle qui avait réalisé le doublé super-G descente, ici même en 2013 lors de l’inauguration de la piste Raptor. «A l’entraînement, la neige était dure et accrochait bien mais en course, c’était plus mou, ça glissait davantage. J’ai commencé à perdre le ski extérieur, j’ai perdu confiance et je suis sortie de mon plan de course. Au final, j’ai mal skié», reconnaissait-elle au micro de la RTS.

Lindsey Vonn s’en sort un peu mieux et monte tout de même sur le podium. Après un début de course raté, la sociétaire du ski-club de Vail revint à l’énergie pour prendre la première place provisoire. Dans l’aire d’arrivée, Tiger Woods dressait un poing ganté de noir (à cause du froid, pas du black power). Mais partie juste derrière, l’inusable Tina Maze (32 ans) améliorait le nouveau chrono de référence de 11 centièmes. Coup de froid sur Beaver Creek. La Slovène, tout de même la championne en titre, assurait sa onzième médaille dans un grand championnat. Une médaille d’argent puisque l’Autrichienne Anna Fenninger grappilla trois centièmes sur le bas du parcours. Souvent placée (16 podiums), la Salzbourgeoise ne compte qu’une victoire en coupe du monde de super-G. Mais une médaille d’or olympique (à Sotchi) et désormais un titre de championne du monde.

Si le bilan n’est pas complètement désastreux dans le camp suisse, ces Mondiaux dans le Colorado ne démarrent pas de la meilleure des manières. Le ski est certes un sport individuel mais il se pratique en équipe et les résultats, bons ou mauvais, des uns influent forcément sur le moral des autres. Surtout pour une nation historiquement forte comme la Suisse où la pression peut vite devenir pesante.

La semaine risque d’être longue pour Lara Gut. La Tessinoise, seule chance de médaille, a choisi de s’extraire de la pression en refusant toutes les sollicitations médiatiques. Venue pour un titre mondial et rien d’autre, elle jouera l’une de ses dernières cartes vendredi lors de la descente.

«La neige était plus molle que la veille à l’entraînement. J’ai perdu confiance puis mon plan de course»

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