Anna Seghers

Jans va mourir

Trad. et postface d'Hélène Roussel

Présentation de Pierre Radvanyi

Ed. Autrement, 72 p.

De la grande dame de la littérature est-allemande après la Seconde Guerre mondiale, voici traduit l'un de ses premiers textes, la nouvelle Jans va mourir (Jans muss sterben). Ecrite en 1925 et publiée chez Aufbau à Berlin l'année dernière, elle évoque avec des images prenantes la maladie singulière et la mort d'un garçon de sept ans. Florissant au début du texte – «Tout en lui était d'un brun doré, mûri par l'été» –, il est frappé soudain d'un dépérissement étrange. Les causes, suggérées par des traits subtilement allusifs, en resteront finalement ambiguës: au lecteur de les interpréter selon ses propres vues. Quelques clés, qui ne constituent que des hypothèses, incitent à supposer des raisons psychiques. Le père a verrouillé son cœur et ne sait pas exprimer sa profonde affection pour l'enfant, l'amour de la mère prend des formes trop possessives, le couple semble se défaire. Ces relations humaines complexes sont dépeintes dans un style d'une sensibilité poétique poignante, bien éloigné du réalisme socialiste qu'on tend encore à prêter à l'auteur. L'occasion est belle pour reconnaître et admirer enfin la véritable nature de son talent.