En mai dernier, surprise, c’est sur la Croisette qu’on conversait dans un petit appartement loué par une maison de production avec Annie Ernaux et David Ernaux-Briot, un de ses deux films. Etrange impression que de croiser une des grandes voix de la littérature contemporaine francophone au Festival de Cannes, qui en marge de sa défense du cinéma d’auteur mondial est connu pour son faste et ses stars, là où Annie Ernaux pratique une écriture intime et mémorielle, justement récompensée ce jeudi par le Nobel de littérature. Mais il se trouve qu’elle a cosigné avec son cadet Les Années super 8, un documentaire s’inscrivant parfaitement dans son œuvre et sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs. Un film présenté en première suisse la semaine dernière au Zurich Film Festival, et visible jusqu’à la fin du mois sur le site d’Arte.