Festival

Antigel à Genève: dix artistes à ne pas manquer

Les musiciens Seu Jorge, Brigitte Fontaine, Sophie Hunger, L’Or du Commun devraient enivrer du 1er au 23 février

Tous à l’Abri. Mardi en fin de matinée à Genève, on se pressait dans les entrailles d’un bastion discret, destiné naguère à préserver le Conseil d’Etat en cas de catastrophe, transformé aujourd’hui en couveuse pour artistes en quête d’envol. C’est dans la grande salle de cet antre que les codirecteurs Eric Linder et Thuy-San Dinh, ainsi que Prisca Harsch, programmatrice de la scène vivante, ont dévoilé la 9e édition du festival Antigel. La foule est compacte et les maîtres de cérémonie intarissables.

L’ombre de David Bowie

Antigel est boulimique, c’est une affaire de tempérament: il essaime dans le canton; il ne compte plus les têtes d’affiche, de celles qui feront braver le froid du 1er au 23 février; il a des tocades qu’Eric Linder et Thuy-San Dinh appellent «projets made in Antigel»; il est rassembleur encore, dansant surtout dans son Grand Central, la tour de Pont-Rouge. Mais comment butiner en toute intelligence? Chacune fera selon ses ailes. En attendant, on peut miser sur dix figures au moins et se hâter de réserver.

La fierté d’Eric Linder, c’est lui, Seu Jorge, cette voix d’ombre brésilienne. Dans La vie aquatique de Wes Anderson, il chantait David Bowie. A la demande du patron d’Antigel, il récidivera au Victoria Hall, le dimanche 10.

Elle, elle est partout. Sophie Hunger mettra à genoux l’Alhambra, l’une des plus belles salles de Genève. Elle a été restaurée avec succès. Eric Linder rêve qu’elle retrouve son lustre d’antan et ses 1100 places – actuellement, elle compte quelque 700 sièges. Il y a prévu 11 concerts, histoire de rafraîchir la légende.

Pépite kényane

Tiens, une légende justement, en cuir, en bagues et en raucité. Brigitte Fontaine feulera comme à l’aube, à l’Alhambra, le 16 février. Vous aspirez à des effusions plus râpeuses? Alors, précipitez-vous au concert de L’Or du Commun, ces petits maîtres du rap belge qui secouent. Les mélomanes, tendance Edgar Allan Poe, communieront autour de Feu! Chatterton, à Thônex. L’une des pépites de cette édition pourrait s’appeler J.S. Ondara, jeune songwriter kényan qui chantera ses frondes à la Salle communale de Satigny.

Six raisons déjà de dédaigner la couette. Il en reste quatre. Prisca Harsch les offre. Yves-Noël Genod est du genre magnétiseur, il offrira sa version d’A la recherche du temps perdu – au Théâtre Saint-Gervais qui a déjà fait battre les cœurs à l'Arsenic, à Lausanne. La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues sera flambeuse à la Salle du Lignon, avec Furia. Les danseurs Pierre Pontvianne et Vincent Dunoyer évoqueront dans leurs pièces respectives la trace laissée par la charismatique Noemi Lapzeson.

Antigel est une boîte à surprises. L’Abri aussi. Onze jeunes créateurs affiliés à cette enseigne annoncent des journées timbrées, enchaînement de performances du 14 au 16 février, réunies sous le titre de Rodéo banquise.

La belle fugue de cette édition? La future plage des Eaux-Vives, le samedi 9 février, à 17h30. Eric Linder et sa tribu ont juré de rendre leur «Heure bleue» phénoménale. Sur le rivage, une surprise «made in Antigel». Alors, on plonge?


Festival Antigel, du 1er au 23 février à Genève.

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