Sa voix était «extraordinaire», c'était son mot préféré, et on l'entend le prononcer avec cette sonorité un peu nasillarde qu'aucun auditeur de la Radio romande, de France-Musique ou de France-Culture n'aura oubliée.

Vocation

Antoine Livio, qui est décédé à Salzbourg à l'âge de 63 ans, était entré en radio comme d'autres en religion, se trouvant par hasard devant les micros de Radio-Lausanne à 15 ans. Très vite, il produit une émission, Plein feu sur la danse, au premier numéro de laquelle participent Maurice Béjart, Roland Petit et Zizi Jeanmaire…

D'une érudition éblouissante pour tout ce qui touchait à la danse, à l'opéra et à la musique, Antoine Livio avait un talent radiophonique qui lui permettait d'improviser deux heures à l'antenne sans que personne ne s'en aperçoive. Il en a fait profiter toutes sortes d'émissions, du Panorama de France-Culture à Table d'écoute, sur France-Musique, sans parler de la Radio romande.

Le plaisir d'écrire

Il écrivait aussi. Pendant vingt-deux ans, il fit paraître ses critiques dans La Tribune de Lausanne, devenue Le Matin, puis dans le Journal de Genève, La Liberté, d'autres encore. Il a publié une douzaine de livres, dont un consacré à Maurice Béjart, et le dernier à des entretiens avec le compositeur Marcel Landowski.

D'un festival à l'autre

Etabli à Paris, toujours fidèle à Lausanne, voyageur et travailleur acharné, qui n'aurait manqué pour rien au monde un festival de Bayreuth ou de Salzbourg, Antoine Livio connaissait l'entier de la planète musicale et chorégraphique. Il voyait tout, ne se lassait de rien. En toute circonstance, il composait un personnage Grand siècle qui pourtant restait à l'affût de la création. Et les artistes, qu'il aimait tant, l'aimaient.