A la fin de septembre, Pius Knüsel quitte la direction de Pro Helvetia. La recherche de la perle rare capable, pour lui succéder, «d’élaborer un projet porteur de Zurich à Genève» est bien lancée, si l’on en croit la fondation pour la culture. Le conseil a enregistré quelque 80 candidatures, confirme son président, l’ancien conseiller d’Etat bernois libéral-radical Mario Annoni.

Cette perle sera désignée vers le 12 octobre. La mission s’annonce délicate: à la pluralité des langues et des cultures s’ajoute l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la culture qui modifie les rapports entre la fondation et l’Office fédéral de la culture. Mais la complexité de la tâche n’a pas découragé les ambitions.

Quel profil espère-t-on? Un clone de Pius Knüsel, doté d’un goût certain de la polémique? Ou aspire-t-on à une nouvelle ère? Les réponses se veulent succinctes même si le président tente un profil idéal. «Nous comptons sur un rayonnement national et un réseau fourni. La personne doit être capable d’influencer le débat sur la politique culturelle et surtout de diriger quelque 72 collaborateurs.»

Pas un arrosoir

Une société spécialisée s’occupe d’une première sélection parmi les candidatures. Un entretien suivra, mené par quatre représentants du conseil de fondation, dont le président et Anne-Catherine Sutermeister, responsable de la recherche à la Manufacture, Haute Ecole de théâtre de Lausanne. L’ensemble du conseil aura le dernier mot. D’ici là, Andrew Holland, vice-directeur, assumera la direction par intérim.

Depuis l’annonce du départ de Pius Knüsel fin mai, des critiques – surtout romandes – ont jailli autour de la gestion de la fondation, souvent jugée «trop zurichoise». Certains déplorent notamment l’absence d’une antenne en Suisse romande. A-t-on prêté l’oreille à ces soucis? Mario Annoni ne cache pas un certain agacement. «La Suisse romande et le Tessin tirent plutôt profit de leur statut de minorités si l’on considère l’importance des aides accordées.» A ses yeux, une priorité s’impose: Pro Helvetia doit éviter l’image d’arrosoir financier pour insister sur ses missions, notamment le suivi de thématiques.

Pius Knüsel aura passé dix ans à la tête de la fondation. A 55 ans, cet ancien programmateur de jazz dirigera, à partir du 1er octobre, l’Université populaire de Zurich. Plusieurs polémiques ont agité cette décennie, notamment l’affaire Hirschhorn et, plus récemment, la publication de Kulturinfarkt, essai cosigné par le directeur de Pro Helvetia qui dénonce le subventionnement excessif des institutions. Fin mars, dans une ambiance très agitée, le conseil de fondation décidait de maintenir sa confiance en Pius Knüsel. Ce dernier a préféré s’en aller.