En décembre 2017 paraît dans le New Yorker Cat Person, une nouvelle grinçante qui interroge les rapports hommes-femmes, le consentement et sa perception. En pleine période #MeToo, le texte connaît un écho sans précédent pour une œuvre de fiction et devient rapidement le plus viral de la vénérable revue (et accessoirement de tous les temps). Très vite, tout le monde semble devoir se forger un avis sur les personnages et leur comportement, quitte à passer à côté de la complexité et de l’ambiguïté de la situation dans laquelle ils sont placés. Pour Kristen Roupenian, l’auteure de ce texte, c’est un raz-de-marée. Un contrat éditorial à sept chiffres plus tard, elle publie son premier recueil de nouvelles, Avoue que t’en meurs d’envie (NiL), qui continue de naviguer en zone grise en questionnant nos désirs les plus sombres et les névroses de la société contemporaine.

Le Temps l’a rencontrée lors de son passage en Europe: l’occasion d’évoquer avec elle la tempête Cat Person, les dangers du rôle que l’on apprend à jouer sur la scène sociale, et les histoires que l’on raconte aux jeunes filles pour qu’elles rentrent dans le rang.