C’était en juin 2017, Kamaal travaillait à sa musique comme un forcené, il a entraperçu, sur un coin de son téléphone, l’image d’une tour en feu. Grenfell Tower, à l’ouest de Londres, 72 morts, piégés, asphyxiés, carbonisés, dans ce bâtiment sans normes, destiné aux plus misérables des miséreux. Quand Kamaal a publié son album, quelques mois plus tard, il l’a dédié aux victimes de Grenfell, à tous les damnés de la ville. Et, de ce requiem convulsif, qui s’ouvre par un morceau nommé Salaam, il a fait le manifeste d’une musique au front.

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