Le 8 décembre prochain, cela fera 40 ans que John Lennon, le fondateur des Beatles, est mort assassiné à New York, à l'âge de... 40 ans. Retour, toute cette semaine dans «Le Temps», sur le parcours d'un des artistes les plus populaires du XXe siècle.

Episodes précédents:

En sortant de chez lui pour se rendre au studio, John Lennon croise deux hommes qui font le pied de grue devant le Dakota Building. Le plus trapu des deux, Mark David Chapman, tend un exemplaire de Double Fantasy, que le chanteur paraphe. L’autre, Paul Goresh, photographe amateur, immortalise l’instant: au premier plan, John, un peu flou, a les yeux penchés sur le disque. Au second plan, Chapman, regard en coin, affiche un rictus stupide et néfaste. Ce mauvais cliché montrant l’assassin et sa victime réunis pour la première et avant-dernière fois est vertigineux. Il donne l’impression que John signe une quittance…

A 22h50, la limousine dépose les Lennon devant le Dakota. A 22h52, la glace fine sur laquelle marchait le Beatle craque. «Mr. Lennon! le hèle-t-on. Il a à peine le temps d’amorcer un mouvement de rotation. Mark David Chapman s’est mis en position de combat. Genoux fléchis, bras tendu, la main gauche calée sur le poignet droit, il vide le chargeur de son Charter Arms calibre 38. Cinq balles. Quatre atteignent John – à l’épaule, à la poitrine, au dos. «I’m shot!» hoquette-t-il. Il fait quelques pas en titubant et s’effondre dans la loge du concierge. Celui-ci appelle la police, tandis que Yoko soutient la tête de son compagnon crachant du sang et des débris de chair.