Les partisans du prince saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) voient en ce dernier un despote éclairé. Il est la voix des jeunes, celui par lequel le changement adviendra, la modernisation et les droits des femmes. D’ailleurs, grâce à lui, elles conduisent, se sont émancipées de la tutelle de leur père et de leur mari. Grâce à lui aussi, l’industrie du divertissement connaît un essor fulgurant: boxeurs poids lourd et rock stars se partagent l’affiche, des cinémas ouvrent partout.

Absolument éclairé, diront certains, en présentant comme preuve ultime de son engagement en faveur de la démocratisation du royaume la double abolition le mois dernier de la peine capitale pour les mineurs et de la flagellation pour les crimes relevant du ta’zir, les lois locales selon le droit pénal musulman. Despote cependant, car il gouverne sans partage. L’autoritarisme connaît même des sommets sans précédent et les changements consentis font partie d’une vaste opération de communication pour vendre le royaume sur la scène internationale, faire taire les critiques et calmer les revendications de la jeunesse.

Lire aussi: Riya, une Saoudienne presque comme les autres