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Archipel tend des miroirs entre la musique et les autres arts

Le directeur Marc Texier convie des artistes d’horizons très variés pour une affiche au ton original

Archipel tend des miroirs entre la musique et les autres arts

Contemporain Le directeur Marc Texier convie des artistes d’horizons très variés pour une affiche au ton original

La musique croisera le cinéma muet, la danse, les arts plastiques et l’électroacoustique au prochain Festival Archipel à Genève. Depuis 2006, le directeur Marc Texier a toujours défendu une «approche pluridisciplinaire de la musique», d’où le titre «Alter Echo» pour résumer l’édition à venir, du 20 au 29 mars.

«Aujourd’hui, la création musicale a besoin de sortir très souvent des limites de la stricte musique, dit Marc Texier. Le temps où les compositeurs n’écrivaient que pour des ensembles de chambre ou des orchestres symphoniques – à la ri­gueur pour l’opéra – est révolu. Ils écrivent tous pour le cinéma, ils travaillent avec des chorégraphes, des vidéastes ou des plasticiens. Réciproquement, beaucoup de plasticiens se sont mis à travailler le son, non pas en tant que compositeurs, mais comme des artistes sonores.»

Cette année, un partenariat avec les Cinémas du Grütli permettra de voir plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma muet. «La Grève, le premier long-métrage d’Eisenstein en 1924, est une sorte de manifeste théorique sur l’art du montage extrêmement virtuose.» Une pièce électro­acoustique de Pierre Jodlowski (créée en 2000) accompagnera la projection du film pour en révéler le rythme et la forme des séquences. Chef-d’œuvre de poésie expressionniste, L’Aurore de Murnau sera diffusé dans une copie restaurée par la Cinémathèque suisse sur un accompagnement musical d’un compositeur allemand. «Helmut Oehring est un autodidacte qui s’est mis à la musique sur le tard, poursuit Marc Texier. Il est né de parents sourds-muets, or ce film traite – parmi d’autres thèmes – de l’incommunicabilité entre les gens.»

Opéra de chambre

Parmi les événements attendus coproduits avec d’autres institutions genevoises, Les Contes de la lune vague après la pluie, d’après le film de Kenji Mizoguchi, sera l’occasion d’apprécier le travail en commun d’Alain Perroux pour le livret (qui est parti du scénario du film) et de Xavier Dayer pour la musique. Ce nouvel opéra de chambre sera donné en version concert au Victoria Hall de Genève (di 29 mars à 17h). Des projections du film de Mizoguchi seront organisées parallèlement aux Cinémas du Grütli.

Autre temps fort: la venue du pianiste russe Alexeï Lubimov est l’occasion d’un spectacle onirique, tous publics, de Louise Moaty mettant en scène la musique de John Cage et d’Erik Satie à la lumière d’une lanterne magique. Toujours dans ce rapport entre musique et art pictural, le concert d’ouverture dirigé par William Blank présente des œuvres de Michael Jarrell, du Français Hugues Dufourt (une pièce tirée de son cycle Les Hivers) et du Turc Mithatcan Öcal, né en 1992. «Ce jeune compositeur, d’origine kurde, fait montre d’un talent inné de l’orchestration. Je pense que c’est un grand compositeur à venir.»

Si les compositeurs suisses actuels et de jeunes artistes étrangers sont bien représentés, l’idée est d’élargir les horizons au maximum. Une journée portes ouvertes, à la Maison communale de Plainpalais dimanche 22 mars, permettra l’accès à des mini-concerts et à des spectacles instantanés pour une somme très modique. Le gamelan et le birbynè, chalumeau de la musique traditionnelle lituanienne, y apporteront une touche d’exotisme sonore.

Festival Archipel, du 20 au 29 mars. Rens. www.archipel.org

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