En architecture, le Prix Pritzker 2004 est venu récompenser l'Anglo-Irakienne Zaha Hadid, dont le bureau est établi à Londres. Elle a été distinguée pour son architecture élégante, très dessinée, qui combine les formes fluides et les inflexions angulaires. Ses projets soulignent souvent les articulations du terrain ou les fonctions d'usage du bâtiment. A l'embouchure de deux rivières, son futur Musée des transports de Glasgow, par sa forme en boomerang, indique par exemple le double rôle d'accueil et de départ d'un lieu de transbordements.

Avec Zaha Hadid (53 ans), c'est aussi la première fois que le Pritzker, considéré comme le Nobel du genre, est attribué à une femme. Une manière d'appuyer son combat pour atteindre une renommée internationale dans un domaine encore largement dominé par les hommes. Autre femme distinguée cette année par un grand prix international: la Japonaise Kazuyo Sejima (48 ans). Elle a été récompensée, avec son collaborateur Ryue Nishizawa (38 ans), par un Lion d'or lors de la dernière Biennale d'architecture de Venise, cet automne.

Son bureau, Sanaa (Tokyo), a été distingué pour sa réalisation d'un Musée du XXIe siècle à Kanazawa, au nord du Japon, et pour son extension de l'IVAM, l'Institut d'art moderne de Valence, en Espagne. Là aussi, on retrouve une architecture, aux aspects polymorphes, attentive aux relations entre activités globales, collectives et individuelles. Et dont la philosophie est faite de souplesse et d'ouverture. L'EPFL a d'ailleurs choisi cette équipe – les résultats du concours ont été divulgués début décembre (LT 02/12/04 et 09/12/04) – pour donner forme à son futur Learning Center, son interface d'information et d'échanges de conception nouvelle pour vivre et apprendre les savoirs de demain.