Et revoilà un projet pour mieux loger le Musée d'ethnographie de Genève. Ouvert ce mercredi, le concours d'architecture organisé par le Département des constructions et de l'aménagement de la Ville de Genève se veut ouvert. Ouvert à tout groupe formé d'un architecte et d'un ingénieur civil. A toute forme d'idée architecturale aussi, puisqu'il s'agit bien de cela en fait. Trouver l'idée qui permettra de profiter au mieux de l'espace à disposition, dans et autour du bâtiment actuel du boulevard Carl-Vogt. Un site qui, comme le souligne l'architecte bernois Kurt Aellen, président du jury, présente l'intérêt d'être dans la Cité et de porter l'empreinte du MEG depuis déjà 66 ans.

Bien sûr, il y a des contraintes techniques et légales qui obligent par exemple à respecter des gabarits, en hauteur comme en profondeur. Et surtout les besoins définis par le MEG. Le besoin essentiel, Jacques Hainard, le directeur du MEG, le dit et le répète, c'est la place, «une place intelligement pensée».

Ainsi, le programme invite à mettre à disposition quelque 2500 m2 pour les expositions sous forme de salles abritées de la lumière naturelle, afin de mieux protéger les objets et de laisser une grande liberté à la muséographie, dont 1400 m2 pour les grandes expositions temporaires dite «de synthèse», mettant largement en œuvre le savoir anthropologique autour de problématiques d'intérêt général. Quelque 700 m2 seraient consacrés aux «expositions de référence», vitrines sur les collections, et 400 m2 permettant de répondre à des sujets d'actualité.

Bâtir dans le jardin

Le principe, rien d'obligatoire, serait de réunir l'administration, les activités de recherche et la technique dans l'ancienne école qui abrite aujourd'hui le musée, et de consacrer le nouveau bâtiment, plus ou moins enterré dans l'actuel jardin, aux activités publiques (salles d'exposition, auditorium, bibliothèque et médiathèque, café).

La conférence de presse était tenue par les autorités de la Ville de Genève, de l'Etat et de l'Association des communes genevoises, qui doivent respectivement investir 32, 10 et 7 millions de francs. Cette somme est complétée par 9 millions du legs Lancoux et 2 millions apportés par la Fondation pour le MEG. A 60 millions de francs, le budget est donc très à la baisse par rapport aux 100 millions, revus avant le vote à 73 millions, du projet de la place Sturm rejeté par les Genevois en décembre 2001. Le calendrier de cet agrandissement, plébiscité par les législatifs du canton et de la Ville, prévoit le jugement du concours pour fin avril 2008 et la fin des travaux vers 2012...

Déjà, certains, dont Patrice Mugny, chef des Affaires culturelles de la Ville, incitent Jacques Hainard à repousser encore un peu sa retraite, prévue en 2009, pour défendre le projet.

öLire l'analyse de Laurent Wolf p. 18.