Emotion, générosité, surprise. Ces mots reviennent sans cesse dans le récit de Laurent Essig, architecte-paysagiste établi à Neuchâtel, enseignant à la Haute Ecole de paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève, pilote insubmersible des installations de la HES-SO au Paléo Festival de Nyon, chaque année depuis 2005. «C’est là que j’ai le plus appris, dit-il. Mais tout a démarré lors du festival Christmas Trees à Genève. J’ai tout de suite aimé la dimension joyeuse et transformatrice du temporaire.» Son ouvrage Temporary Landscapes retrace le chemin parcouru depuis lors.

Sa recette: beaucoup d’astuces et de créativité, des partenaires fidèles et pas mal de culot aussi. Sa mission: surprendre le public, le temps d’un festival. Et de plus en plus souvent, réinventer toutes sortes d’espaces publics, souvent en déshérence, comme ce bout de parking à la place Perdtemps à Nyon, transformé pour quelques saisons en plage de sable avec buvette, en attendant son aménagement définitif. Ou encore le cours Bonvin à Sion, 1 hectare de terrain presque vague, situé sur la couverture de l’autoroute, permuté en parc ludique et appelé, lui, à durer «au moins vingt ans».