«Wholy holy we believe in Jesus». Voix d’airain forgée au sein de l’église, Aretha Franklin a entonné ce psaume de Marvin Gaye célébrant la sainteté complète et la foi en Jésus. La charge émotionnelle est inouïe, la lumière pénètre jusqu’au cœur des pires mécréants. On est en janvier 1972, dans la New Bethel Baptist Church, de Watts, quartier noir de Los Angeles, théâtre d’émeutes raciales sept ans plus tôt. La Queen of Soul enregistre 14 titres du répertoire gospel dans lequel elle a grandi. Ce concert public fait six mois plus tard l’objet d’un disque au succès retentissant, Amazing Grace, 2 millions d’exemplaires vendus. Mais le film qui devait l’accompagner est resté dans les boîtes pendant près de quarante ans. 

La Warner avait mandaté Sydney Pollack (Out of Africa) pour réaliser un documentaire sur cette prestation exceptionnelle, avec le révérend James Cleveland en prêcheur et chauffeur de salle, le Southern California Community Choir, le révérend C. L. Franklin de Detroit, père de la chanteuse, avec des incantations spontanées et des larmes de joie, avec une masse extatique de spectateurs parmi lesquels Clara Ward, légende du gospel, et, un peu pâlot dans l’étuve, Mick Jagger des Rolling Stones…