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classique

Argerich plays Chopin

Deutsche Grammophon réédite des enregistrements de la pianiste argentine réalisés entre 1959 et 1967, puisés dans les archives de la Radio ouest-allemande (WDR). Essentiel

Des inédits de Martha Argerich? Oui oui. L’année Chopin (200 ans de la naissance) a occasionné des fouilles archéologiques dans les archives de l’ancienne RIAS et de la Radio ouest-allemande (WDR). On y a trouvé des bandes de concerts (au son mono) que la pianiste argentine, très jeune encore, avait donnés dans les années 60. C’est prodigieux d’instinct et de sensibilité. Tout semble naître sous ses doigts avec un naturel foudroyant. Jouée serré, la Ballade No 1 en sol mineur crépite en un frémissement embrasé. L’Etude Opus 10 No 4 est phénoménale de virtuosité sans pour autant que la pianiste perde le sens de la ligne et de la nuance. Les Mazurkas (quelle beauté!) sont à la fois douces et enflammées. Le mouvement lent de la Sonate No 3 s’épanouit comme une improvisation (l’art des nuances…) longuement mûrie et réfléchie. Essentiel.

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© Arnaud Mathier/Le Temps