Exposition

Ariane Laroux, les blancs de l’image

Paysages urbains et portraits sont présentés à la Galerie Red Zone

Depuis plusieurs décennies, le travail d’Ariane Laroux décline ses variations autour du thème de la vision, une vision partielle et comme déchirée: la figure humaine, à travers le portrait, et le paysage, urbain en général, apparaissent ainsi comme froissés et lacunaires. Une exposition assez diversifiée, à la Galerie Red Zone à Genève, réunit des huiles sur toile marouflée sur du bois ou du carton, à l’allure de dessins, de grandes gravures à l’eau-forte et à la pointe sèche, le noir et le blanc et des rehauts de couleur vive.

La Chine, dont le voyage est resté à l’état de projet, apparaît indirectement, en la personne de modèles souriants et surtout dans une proximité avec la peinture orientale. En effet, celle-ci laisse le vide envahir l’espace de l’œuvre, dialoguer avec le plein et désigner – ou suggérer – le motif.

Lambeaux de couleurs

Or le blanc, chez l’artiste franco-suisse, éclate et se répand sur la page, il ronge la scène traitée, le détail d’une rue, d’un carrefour, les traits d’un personnage, et ne laisse à la peinture que des lambeaux, qui suffisent à définir l’image. Les gravures récentes rompent quelque peu avec ce schéma récurrent. On discerne une double page de journal, avec ses lettres imprimées, ses filets de noir, la hiérarchisation de ses nouvelles, ses clins d’œil. Et puis ses plis, ses vallonnements, son évidence, son usure rapide, sa destinée, qui consiste à être roulée en boule, jetée, ou à empaqueter quelque objet plus important, et à laisser la place à d’autres pages, d’autres nouvelles, le lendemain, le surlendemain.

Aveu de faiblesse

Un autoportrait gravé, tout aussi monumental, tiré dans les ateliers de Raymond Meyer, présente toujours cette sorte de diffraction de la lumière, cette façon de lézarder le sujet, de le briser presque en mille morceaux. Mais ici l’attention est ramenée vers le regard, son expression, attentive, incertaine et traversée par le doute. L’intrusion de cet involontaire aveu de faiblesse, faiblesse qui peut se révéler une force, rend le travail moins monotone et plus ouvert.

Ariane Laroux: Paysages urbains. Galerie Red Zone (rue des Bains 40, Genève, tél. 022 320 43 63). Me-ve 14h30-18h30, sa 11h-18h30. Jusqu’au 23 décembre.

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