Dans la folle clarté de ce matin-là, on a fait «comme si». C’était vendredi passé et la comédienne Ariane Moret racontait son rêve de Liaisons dangereuses, d’après Choderlos de Laclos. Son Dangereuses aurait dû voir le jour ce mardi au Théâtre 2.21 à Lausanne.

Est-ce la pavane d’un soleil cavalier? Tout poussait, l’autre jour, à s’affranchir des corsets. Dans son appartement, l’artiste lausannoise décrit les coulisses d’un texte qu’elle cosigne avec la journaliste Anna Lietti. Avec elle alors, on fait comme si le Conseil fédéral pouvait tenir sa promesse et rouvrir les chambres noires de la fiction, même pour une poignée d’opiomanes. Comme si le circuit de nos nuits évaporées serait rétabli. Comme si la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont pouvaient substituer la loi du désir au diktat de la pandémie.