Notre collègue Arnaud Robert arpente le monde comme Arthur Rimbaud filait vers l’Abyssinie. Ses passions métisses, sa plume et sa voix lui valent aujourd’hui de recevoir le Prix Jean Dumur, la plus prestigieuse distinction de Suisse romande. Arnaud Robert , 36 ans, appartient à la famille des insatiables. Il passe en trombe à la rédaction, annonce à ses collègues un merveilleux projet de reportage, à la Jamaïque sur les traces de Bob Marley ou au pays des Touareg, et repart aussi vite qu’Hermès.

Arnaud Robert est le messager des terres lointaines. Dans son barda, un portable, des carnets vierges, un micro et mille musiques compressées. Il s’immerge, s’oublie dans un visage, s’électrise sur un rythme. C’est sa méthode, butiner, flâner, percer. De son butin, il fait pour Le Temps – et pour Le Monde – des articles aussi singuliers qu’informés, petits poèmes en prose toujours partageables; ou encore, à l’enseigne de la RTS, des émissions de radio qui sont des fenêtres sur la vie, Détroit et ses friches cabossées, Port-au-Prince et ses artistes voyants.

Un visage doux d’enfant. Des épaules de géant. Des colères d’enthousiaste. Arnaud Robert déborde d’histoires fantastiques. Sa joie est celle du griot . Il en a la verve et la grandeur.