Elle s’appelle Franz. Comme Kafka, Liszt ou Schubert. Sauf que Franz est une énorme grenouille écroulée sur le dos, les pattes inférieures un peu obscènes, largement écartées, tandis qu’elle se tient le cœur avec ses membres supérieurs. Le batracien qui collapse, en résine et recouvert de feuilles d’or, est signé de l’artiste vaudois Denis Savary, chez qui le bestiaire est souvent étrange et fantastique. Tirée d’un panneau de la Renaissance peint par Bramante, la bestiole est l’une des œuvres présentées par la galeriste zurichoise Maria Bernheim à Artgenève, qui s’ouvre ce jeudi au public.

Belles prises

Après neuf ans d’existence, le salon d’art est désormais inscrit dans le calendrier des foires internationales. D’année en année, Thomas Hug, son directeur, a su faire évoluer son salon avec ce style allègre qui n’appartient qu’à lui. Lequel est capable de contrebalancer l’ambiance parfois compassée du marché de l’art avec la décontraction d’initiatives pop comme l’ouverture au centre-ville d’un restaurant éphémère, Night-Fall, qui prend le parti de considérer la gastronomie comme l’un des beaux-arts. Ou encore l’organisation au Victoria Hall le 31 janvier d’un concert où tous les morceaux joués ont été composés par des artistes contemporains.