La chronique de l'art

Artgenève, une foire prospective

La 8e édition de la foire se déroulera à Palexpo du 31 janvier au 3 février

Depuis 2012 déjà, Artgenève affirme et participe à la construction d’un type de foire d’art à caractère prospectif et à une échelle agréable en termes de dimensions. Il s’agit d’ailleurs d’un salon d’art dans l’acception classique du terme où se côtoient des galeries régionales et internationales d’envergure, des institutions invitées telles que les musées, les écoles d’art, les collections privées ainsi que les espaces indépendants et sans but lucratif.

Cette spécificité s’enrichit d’édition en édition et plus particulièrement via des expositions telles que The Estate Show, qui fête ses 5 ans cette année et qui est dévolue à des œuvres monumentales d’artistes historiques, dont Chris Burden qui sera à l’honneur ce mois de janvier. Relevons une nouveauté pour cette édition, à savoir un focus sur l’art vidéo intitulé Turbulent Horizon qui sera transmis par hélicoptère via des écrans géants; quant à Artgenève/sculptures, une sélection de pièces se déploiera cette fois-ci en Vieille-Ville et non plus sur les quais.

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Artgenève/musique, un programme centré sur des pratiques d’artistes incluant la musique au sein de leurs recherches, et qui est soutenu depuis 2013 par la banque Piguet Galland, sera présent au sein du salon et hors les murs avec des performances de Hannah Weinberger et de Hsia-Fei Chang. A noter qu’une édition particulière est d’ores et déjà prévue dans le cadre de la Biennale de Venise en mai prochain avec la participation d’Angela Bulloch et Anri Sala, tous deux ayant performé respectivement à Genève en 2015 et en 2017.

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Jeune scène suisse

Ainsi, ce rendez-vous annuel est des plus féconds tant pour les professionnels que pour les amateurs car il n’est pas uniquement centré sur les acteurs habituels de ce type d’événements commerciaux avec ses mêmes structures, ses hiérarchies, ses méthodes et ses formes. A titre d’exemple, on côtoie aussi bien le Pavilion of Art and Design (PAD), qui est accueilli pour la deuxième fois dans une section annexe, que les éditions de l’atelier lausannois du lithographe Raynald Métraux.

Autre particularité, Artgenève valorise depuis ses débuts la jeune scène suisse en invitant des acteurs non institutionnels qui la soutiennent par le biais non seulement de leurs collections d’entreprise, mais aussi par l’attribution de prix (La MobiIière, F.P. Journe) ou par des plateformes d’expositions intra- et extra-muros (FMAC, collection d’art BCV, etc.). C’est un parti pris que nous souhaiterions voir plus souvent relevé par les instances publiques souvent trop frileuses quant à la visibilité des pratiques non encore validées par la critique ou par le marché, mais pourtant si pertinentes.

Les artistes l’ont compris et ils prennent le pari de renverser, année après année, les rôles entre auteurs, acteurs, commentateurs, lieux dédiés ou non, dedans et dehors, avec et sans, ensemble et seuls. Cela conduit à une dynamique essentielle à l’art et à son expérimentation et ceci pour notre plus grand plaisir.

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