Arthur C. Clarke et Peter Baxter

Lumière des jours enfuis

Trad. de Guy Abadia

Ed. du Rocher, 410 p.

Les laboratoires de l'industriel Hiram Patterson inventent un appareil permettant de visualiser une situation partout dans le monde par le truchement d'un procédé physique complexe (en gros, se glisser dans les failles de l'espace-temps). Cette «camver» se révèle même en mesure de voir dans le passé, ce qui a pour conséquence que les vivants du présent sont espionnés par ceux du futur. Autour de la famille Patterson déchirée se joue une relecture de l'histoire ouverte par la camver, ainsi qu'un bouleversement des rapports sociaux, puisque la vie «privée» n'existe plus. Et ce, alors qu'un astéroïde vole dangereusement vers la Terre. Cette nouvelle collaboration d'Arthur C. Clarke, après son ouvrage avec Mike McQuay (10 sur l'Echelle de Richter, lire le Samedi Culturel du 15 mai 1999), montre que le vieux maître sait laisser la bride à ses auteurs associés. De fait, si l'argument est sans doute de Clarke, le récit revient toutefois à Baxter. En résulte un roman passionnant, mais bridé, qui développe son idée originale dans toutes ses dimensions sans parvenir à proposer un propos personnel. Intéressant et frustrant à la fois.