Festival

Ces artistes qu’il faudra suivre à La Bâtie

Du 30 août au 14 septembre, le festival genevois propose une cinquantaine de spectacles, pièces et concerts. La chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker et sa consœur allemande Sasha Waltz devraient marquer cette 37e édition. Nos conseils

Alors, La Bâtie, comment se présente-t-elle? En juin, la question est rituelle. Le festival genevois dévoile son affiche. Les impatients veulent savoir si septembre sera heureux; s’il faut bloquer ses soirées, ameuter les amis. Verdict? Cette 37e édition, conçue par Alya Stürenburg, directrice de la manifestation depuis 2007, est aussi riche – une cinquantaine de propositions – qu’articulée. Sa marque? Une distinction qui tient à ses têtes d’affiche, artistes réputés rarement invités à Genève.

Mais qui suivre, du 30 août au 14 septembre? Sur qui miser, dans une galaxie de figures, à la fois cotées dans leur domaine et méconnues? Tout dépend du profil du spectateur et de son appétit. Osons cette petite nomenclature.

L’amateur éclairé, comme on dit, celui qui connaît son histoire de la scène, cochera dans son agenda trois soirées au moins. Il ne manquera pas en ouverture, le 30 août prochain au Bâtiment des forces motrices (BFM), Travelogue I - Twenty to eight. A l’affiche pour la première fois à Genève, la chorégraphe allemande Sasha Waltz donne à l’ordinaire de la vie un tour comique et électrisant.

Ce même connaisseur enchaînera, dimanche 1er à la Comédie, avec Fase, pièce historique d’Anne Teresa De Keersmaeker, dansée pour la première fois en 1982 sur une musique de Steve Reich.

Puis il retournera le dimanche 8 au BFM: l’artiste flamande y dansera en personne accompagnée de Boris Charmatz, danseur en quête de géométries inédites.

Une carte à 100 francs

L’amateur branché, celui qui se réjouit de voir le théâtre désaxé, accordera son attention au Français Philippe Quesne. Dans Anamorphosis, au Théâtre de Carouge dès le 8 septembre, le metteur en scène français invite à pister des actrices japonaises, avec lesquelles il a travaillé à Tokyo. Pas d’histoire ici. Mais des visions du Japon qui sont peut-être des mirages. Le même branché saluera le retour de Maya Bösch – une passion, un tempérament. Elle s’inspire d’Il était une fois dans l’Ouest, le film de Sergio Leone. Là aussi, pas d’intrigue, mais un choc sensoriel, peut-être. Le branché toujours se félicitera de la venue du metteur en scène et auteur japonais Toshiki Okada, dont le travail trouble à Tokyo. Dans Ground and Floor, au Grütli, du jeudi 12 au samedi 14, une jeunesse brise ses chaînes.

L’insatiable, lui, mordra dans tout, dans le trio electro-pop Sinner DC comme dans le quartet anglais Get the Blessing. Alya Stürenburg a veillé aux horaires: chaque soir, il pourra enchaîner concerts et pièces. Et cuver son plaisir, au coin du zinc, à la Maison communale de Plainpalais. La carte de festivalier coûte 100 francs. Elle donne droit à un billet d’entrée à 5 francs – au lieu d’une trentaine de francs, prix normal du spectacle. C’est peu cher payer l’orgie.

Rens. 022 738 19 19, www.batie.ch 022 738 19 19

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