Intimité et mythologie. Tels sont les maîtres mots de l'affiche des Zürcher Theater Spektakel qui commencent aujourd'hui. Une section importante est ainsi intitulée «Théâtre autobiographique». Quant à la rubrique «Théâtre» proprement dit, elle réunit quelques-uns des noms les plus singuliers du moment. Sélection.

L'autobiographie a inspiré plusieurs artistes. Les compagnies australiennes B Belvoir et Black Swan Theater adaptent ainsi Cloudstreet de leur compatriote Tim Winton. Une saga familiale tragi-comique, selon l'expression consacrée, qui a enthousiasmé public et critique à Sydney (du 31 août au 4 septembre). Autre atmosphère avec Roman Buxbaum: ce psychiatre suisse d'origine tchèque interroge la folie nazie dans Mein Kunst. Hitler/Redlich. Buxbaum (les 21, 22, 26, 28, 29 et 31 août ainsi que les 4 et 5 septembre)

Loin du souci autobiographique – encore que… – quelques stars de la mise en scène contemporaine promettent le choc. Le Canadien Robert Lepage offrira avec Zulu Time un spectacle hautement technologique, qui met sens dessus dessous le code international… de l'aviation (du 19 au 21 août). A des années-lumière, le Lituanien Eimuntas Nekrosius, qui avait présenté il y a deux ans au Festival de la Bâtie de Genève un Hamlet très rock et glace, livrera un MacBeth amaigri – il ne conserve que onze personnages – et sans doute sanguin (les 24 et 25 août).

De fureur, fût-elle divine, il devrait encore être question dans Genesi – from the museum of sleep, la dernière création des Italiens de la Societas Raffaello Sanzio. Après avoir scandalisé une partie du public au dernier Festival d'Avignon en transformant Le Voyage au bout de la nuit de Céline en lupanar cacophonique, Romeo Castellucci met en scène le chaos de la Genèse. L'émotion et la violence d'une naissance, celle de l'univers, ne seront pas loin (du 25 au 28 août).

Zürcher Theater Spektakel, du 19 août au 5 septembre, tél. 01/216 30 30, de 16 h à 20 h.