CABINETS DE CURIOSITÉ

Par Patrick Mauriès

Gallimard, 260 p., 225x310 mm, 250 ill. coul. et nb

Récemment couronné par le Prix Malraux, le beau livre de Patrick Mauriès étudie ce moment de l'histoire du goût qui a vu naître, dans toute l'Europe de la fin du XVIe siècle, ces capharnaüms précieux que sont les cabinets de curiosité: princes, apothicaires, notables, artistes se mettent à collectionner spécimens zoologiques et botaniques, coquillages, antiquités, instruments scientifiques, œuvres d'art, objets exotiques, etc., censés offrir une sorte de condensé du monde. Déconsidérés au siècle des Lumières, qui croit davantage à la science qu'au merveilleux, ces «théâtres du bizarre» reviennent en faveur au XXe siècle: on les restaure et on en crée même de nouveaux, comme au château d'Oiron (Deux-Sèvres). Anciens ou modernes, l'auteur les fait découvrir par des images souvent étonnantes, et par un texte qui célèbre avec perspicacité les espaces, les objets et les collectionneurs ayant témoigné au fil du temps de cet esprit de curiosité. I. M.

LES PLIS

Par Nadine Vasseur

Seuil, 160 p., 260x340 mm, env. 110 ill. coul. et nb

Qu'il s'agisse de la nature, de l'art ou de la mode, la vie est dans les plis, qui en expriment le mouvement et en gardent la trace. Draper, plisser, déplier ou replier, rider ou chiffonner: ce bref répertoire résume le propos d'un original album de grand format, qui se promène librement dans le monde mystérieux du pli pour en faire découvrir les infinies variations. Cela va de l'incroyable «rendu» du voile qui révèle, plus qu'il ne cache, le corps du Christ de marbre de la chapelle Sansevero, à Naples, aux inventions plissées des couturiers (Fortuny, Miyake, Gaultier), en passant par les rideaux, les nappes et les éventails, la chirurgie esthétique, l'origami, les replis de l'âme ou l'art du repassage… I. M

TABLEAUX DE SUMATRA

Photos de Tiziana et Gianni Baldizzone

Texte d'Antonio Guerrero

Arthaud, 192 p., 280x280 mm, ill. coul.

Les Batak du nord de Sumatra, autour du lac Toba, ornent leurs maisons de sculptures en bas-relief représentant des animaux fabuleux. Les Toba, eux, marquent la distinction sociale par la taille et la décoration de leurs vastes cases: toits immenses, rinceaux peints, pignons ornés de figures animales. Un art très raffiné du tissage, des vêtements, l'élaboration de calendriers complexes. Le talent des artisans de «l'île d'or» est mis en valeur par le travail des photographes italiens qui privilégient le détail. Les images révèlent une broderie qui reprend dans ses formes l'architecture des toits pointus, symboles de l'identité de certains groupes, ou distinguent quelques personnages dans une fresque naïve; s'attachent aux motifs géométriques qui ornent poteaux et corniches; révèlent la finesse des vanneries qui ferment les greniers à riz plantés sur le bord d'une rizière éclatante; mais célèbrent aussi l'élégance hardie des «grandes maisons» de chefs. I. R.