Enregistrer. Des données informatiques, des numéros de téléphone ou des morceaux de musique sur un iPod. Le processus appartient au quotidien contemporain. Ce week-end, dans un quartier bâlois surtout connu comme zone d'usines et de hangars, il sera, avec l'appellation anglaise «record, record» le thème d'un festival. Auquel on s'amuse beaucoup, promettent les organisateurs. Le rendez-vous s'appelle «Shift», consacré aux arts électroniques, et tient dès ce soir sa deuxième édition dans le quartier «Dreispitz» de Bâle, non loin de la gare et du centre de collection Schaulager.

Une centaine d'artistes

«Avec les arts électroniques, nous touchons à toutes les formes d'expression qui nécessitent la connexion d'une prise», résume Dominique Spirgi, coorganisateur et responsable presse. A partir de là, les connexions sont multiples, hautes en couleur, en aspirations dadaïstes et acrobaties de vinyles. Expositions, soirées DJ, performances, vidéos ou nouveaux médias: quelque cent artistes sont au programme d'une édition très internationale, et pour l'heure sans concurrent en Suisse. Depuis plusieurs années, la cité rhénane et ses autorités politiques ont décidé de polir leur carte de visite culturelle dans le domaine des nouveaux médias, très en mouvance. Pour ce faire, Bâle a hérité du désormais défunt «Viper», festival du genre d'abord installé à Lucerne. C'est de ses cendres qu'a émergé «Shift» à l'automne 2007 avec pour partenaire [plug.in]. Cet espace pour nouveaux médias, lié au Musée d'art contemporain, est depuis huit ans dédié aux sons et images électroniques. Pour les jeunes créateurs, parfois oubliés dans l'ombre des institutions muséales, l'alternative est prometteuse. «Bâle laisse à Zurich le cinéma, doit reconnaître sa mainmise sur les galeries d'art mais tisse sa toile au niveau des nouveaux médias», continue Dominique Spirgi. «C'est comme un accord tacite.»

Ce «Shift», qui l'an dernier accueillait 3000 curieux, dispose d'un budget d'un demi-million de francs en grande partie couvert par les deux cantons de Bâle et la Fondation Merian, propriétaire des terrains du «Dreispitz». A relever parmi les grosses pointures annoncées l'Anglaise Vicki Bennett et ses collages de vidéos TV au parfum dada, le DJ Q-Bert, pionnier du scratching ou les Français Birdy Nam Nam. «Shift» du 23 au 26 octobre, infos: http://www.shiftfestival.ch