Genre: JAZZ
Qui ? Arturo Sandoval
Titre: Dear Diz
Chez qui ? (Concord/Musikvertrieb)

Joie tout d’abord de retrouver ce répertoire gillespien vitaminé, injection intraveineuse d’afro-cubanisme très salutaire dans le jazz des années 1940-50, un peu trop installé dans la linéarité de sa propre histoire. Le projet est signé Arturo Sandoval, l’un de ces athlètes du piston qui ont occasionnellement rejoint le roi Dizzy dans les dernières décennies de sa vie active, et qu’il avait parfois la gentillesse (ironique?) de présenter comme ses dauphins. Cubain pur jus mais aussi pur jazz, Sandoval a pris très au sérieux cet adoubement, privilégiant chez son mentor la virtuosité qui en a fait jadis l’alter ego véloce de Parker. Soit un goût du spectaculaire qui le situe, ici comme ailleurs, quelque part entre la folie des hauteurs de Maynard Ferguson et les accès de grandiloquence de Harry James. Des tics sous contrôle dans ce disque, l’un de ses meilleurs, où tonne un big band d’assez grosses pointures menées à la baguette, où des arrangements futés frisent la relecture impertinente, et où un quatuor à cordes habille «Con Alma» d’étoffes froufroutantes au charme irrésistible.