Un duplex en grande banlieue, aussi loin que possible de l’hyper-centre, meublé comme s’il n’était que de passage. Il est ici chez lui, mais pas sûr qu’il ait développé un grand lien affectif avec l’endroit. Comme tout bon local né à la campagne, Asgeir a du mal avec l’effervescence – certes toute relative – de la capitale islandaise. Il a grandi dans le nord, à Laugarbakki, à lancer son javelot sur la plage (il détient toujours le record junior du pays), méditer en plein silence et gommer toute forme de contrainte.

Les grappes de touristes à sacs à dos et les businessmen trop bien coiffés? Ce n’est pas pour lui: «La première fois que j’ai mis les pieds ici, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de feux rouges, mais ça va nettement mieux maintenant», se marre-t-il. «Enfin, si j’évite le centre-ville. Je suis stressé et intimidé dès que j’y vais, j’ai juste envie de m’enfuir. Il y a tellement de gens qui ont l’air de faire des choses importantes…»