Les talibans se sont livrés à une opération de «relation publique» pour le moins inhabituelle. Jeudi passé, ils ouvraient les portes du musée de Kaboul pour montrer aux journalistes que les statues n'existaient plus. Les salles avaient été balayées pour l'occasion, tandis qu'un cadenas neuf – c'est le Monde qui le note – ornait les portes de l'établissement. L'opération s'est répétée ce lundi lorsqu'une vingtaine de reporters, correspondants afghans ou envoyés étrangers ont été emmenés à Bamiyan. «Lorsque nous avons visité le musée, raconte Sayed Salahouddine correspondant de Reuters joint par téléphone à Kaboul, il a été question d'une visite aux bouddhas.» Selon le journal pakistanais Dawn, ce voyage prévu durant le week-end, a dû être reporté à cause des combats autour de Bamiyan avec les forces de l'opposition, toutes proches. Lundi, la visite s'est déroulée sous haute surveillance militaire. «La ville de Bamiyan semblait vide de civils. La région n'est pas totalement sous contrôle» confirme Sayed Salahouddine qui a fait le voyage. Les talibans n'ont guère l'habitude de ce genre d'opération destinée à la presse internationale. L'impression qui domine à Kaboul, selon un observateur étranger sur place, est qu'ils sont assez fiers de leurs destructions. E. Sr