Si l'on arrive vierge à la projection, Best laid plans fonctionne plutôt bien. On est rapidement capté par l'astuce du générique, l'ingéniosité de la structure en aller et retour, la tension qui s'en dégage et l'atmosphère déliquescente de la ville imaginaire (Tropico) dans laquelle se déroule ce thriller sentimental à trois personnages, chacun étant à la fois le bourreau et la victime. En revanche, si l'on en connaît l'issue, le film de Mike Barker – stupidement traduit en français par Un coup d'enfer – perd la moitié de son carburant.

Petit film malin, Best laid plans reprend, sans en modifier la charge romantique, un thème archiconnu: la preuve d'amour donnée à l'autre à travers la machination criminelle. Evidemment, pour que cette preuve advienne, il faut que la machine se grippe en cours de route, que les amants soient confrontés à un choix crucial et que la pression extérieure les contraigne à se repositionner sans cesse. Le spectateur, quant à lui, craint à tout instant la possible trahison de l'un ou de l'autre.

L'intérêt de Best laid plans tient à ce suspense amoureux, mais aussi à certaines notations annexes: l'ennui de la vie de province, la précarité de la condition d'étudiant, la perte de l'enfance, le déterminisme de l'argent et la spirale du pire. On sent chez le réalisateur Mike Barker et son scénariste Ted Griffin le désir de transcender un classique polar en fable morale; ils y parviendraient presque s'ils avaient osé pousser leur histoire jusqu'au bout au lieu de la liquider dans une sorte de bizutage en eau de boudin.

Best laid plans de Mike Newell, avec Alessandro Nivola, Reese Witherspoon, Josh Brolin. Sur tous les écrans romands.