«Je suis toujours allé dans le sens des intermittents, j'ai fait le maximum pour que leur sort s'améliore, a déclaré Jean-Louis Foulquier, mercredi, sur les ondes de France Inter. Les représentants de la CGT m'ont roulé dans la farine […]. C'est une prise d'otages et je ne le supporte pas.» La 19e édition du plus important festival de chanson française n'aura pas lieu. Le directeur et fondateur des Francofolies de La Rochelle jette l'éponge, se déclarant «contraint et écœuré».

Même abattu, l'âme du Festival ne mâche pas ses mots: «J'ai essayé de négocier jusqu'au bout avec les représentants de ceux qui occupent les lieux. La seule solution que les syndicats m'ont laissée mardi, avec un grand cynisme, c'est l'intervention des forces de l'ordre. Ça leur ferait trop plaisir de passer pour des victimes devant les caméras. Faut pas se tromper, la victime, c'est moi et les salariés des Francofolies. […] Je regrette que les gens de la CGT, représentants des non-syndiqués, aient été aussi bas, aussi vils, aussi lâches et sans parole alors que je leur tendais la main. Je pense sincèrement toujours qu'ils se trompent de combat, je crains pour eux que le réveil soit difficile et qu'ils aient la gueule de bois. Si on est représenté par ce genre de personnes, je pense que notre métier est réellement en grande difficulté», rajoute-t-il également dans un communiqué officiel des Francofolies.

Du côté des manifestants, le délégué régional de la CGT-Spectacles rejette toute la responsabilité de l'annulation sur «Raffarin, le Medef et leurs alliés», tout en dénonçant «l'immense gâchis» qui a amené à cette situation. Depuis lundi matin, près de 150 intermittents du spectacle bloquaient l'esplanade de Saint-Jean d'Acre, au cœur de La Rochelle, site où 45 intermittents non-grévistes devaient monter la scène principale du festival. Pour les Francofolies qui s'autofinancent à 64% – le reste provenant de subventions municipales et régionales –, l'annulation représente une perte sèche de 1,5 million d'euros. «On ne pourra pas s'en remettre, c'est la mort.» Pas tout à fait, puisque le directeur du festival conserve le verbe haut qui caractérise, depuis le début des grèves, les déclarations des différents acteurs du mouvement: «Ils m'ont mis l'estocade, ils m'ont raté. Je suis encore debout. Dès demain je recommencerai mon combat […] maintenant je connais les lâches et mes ennemis.»