Le trio d’organisateurs des Athénéennes a dû ronger son frein pendant une année, comme beaucoup d’autres acteurs culturels. La dixième saison, qui s’annonçait particulièrement festive et faste, a été annulée l’an passé.

Mais rien n’entame l’énergie et l’optimisme d’Audrey Vigoureux, Marc Perrenoud et Valentin Peiry. Les voilà, vent en poupe, qui reprennent le chemin de la fête musicale et annoncent leur décade, décalée de douze mois.

Une conférence de presse originale et amicale

Les festivités commencent déjà avec une présentation inédite à la presse, au domicile du couple fondateur. Les hôtes testés, masqués et désinfectés, le protocole d’accueil de quatre journalistes maîtrisé, chaleureux et convivial, l’accueillant appartement sous les toits et le buffet simple mais savoureux: la rencontre est tout à l’image des responsables. Originale et amicale.

Du côté de la programmation, toujours aussi multiple et transversale, on trouve une petite vingtaine de plaisirs croisés. Du 3 au 11 juin, six soirées réparties en deux périodes rapprochées animeront l’Alhambra, et une scène de plein air installée sur le parking derrière le bâtiment historique, le temple de la Madeleine étant en travaux.

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Formules combinables à l’infini

Comme toujours, trois concerts d’environ une heure se succéderont, mêlant classique, jazz, contemporain (deux créations cette année) et tous genres, formes et langages musicaux pouvant entrer en résonance. Des formules intéressantes et combinables à l’infini.

La thématique 2021? «Danse et décadence, explique Valentin Peiry. Parce que dans les périodes tourmentées, comme celle que nous traversons, la fête et le mouvement se sont toujours imposés comme moyen de dépasser l’inquiétude. C’est une forme de repère immuable, qu’on peut retrouver à des époques diverses, comme autour des guerres, notamment.» Quant au jeu de mots entre décade et danse, il signale joliment la saison anniversaire dans l’esprit joueur des Athénéennes.

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De la joie et de la réflexion

La programmation sera donc empreinte de joie et de réflexion. Et pour cette année si spéciale, les artistes suisses se voient particulièrement pointés sous les projecteurs, dans une mise en valeur et un soutien de leurs talents.

La rencontre inédite entre le quatuor féminin Zaïde et le pianiste Théo Fouchenneret, qui remporta le Concours de Genève 2018 et fut révélation classique en 2019, ouvrira les feux avant l’intervention du vocaliste et jazzman Andreas Schaerer & Hildegard Lernt Fliegen, en grande formation. La clôture de la première soirée reviendra au quartet gipsy-swing-rock Pierre Omer’s Swing Revue, qui accompagnera la sulfureuse danseuse-fakir-illusionniste Lalla Morte.

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Qualitatif et décalé

Inutile de préciser que les huit autres soirées seront du même acabit qualitatif et décalé. Sans pouvoir toutes les détailler et dans le but d’attiser les curiosités pour découvrir les artistes sur le site, puis in situ, sachez que dans le domaine classique, le répertoire baroque de l’ensemble Pulcinella d’Ophélie Gaillard croisera le généraliste OCG, le contemporain Lemanic Modern Ensemble, le chambriste Quatuor Gringolts ou les pianistes Bertrand Chamayou, Fabrizio Chiovetta et Louis Schwitzgebel.

Pour le jazz, Grand Pianoramax fera son retour, avant le Marc Perrenoud Trio ou le Quartet de Louis Matute, artiste résident de L’Abri. La musique actuelle s’invitera pour une soirée mêlant roman photo projeté, musique et textes autour de la Disparition, de Georges Perec. Et les musiques d’ailleurs passeront par l’Inde (Baiju Bhatt) ou les pays slovaques notamment (Thalassa). Mais, avec la grande fête finale, cela n’est qu’un bref aperçu des propositions à aller découvrir d’urgence en ligne.


Festival Les Athénéennes, du 3 au 11 juin.