Festival

Les Athénéennes, quand la musique se fait hommage

Le festival genevois dévoile un programme où on vibrera sous la bannière de la dédicace et de la citation. Tour des hommages croisés entre musique et chansons

Huit jours. Ou plutôt huit soirées et nuits. Autant d’occasions de retrouver l’éclectique et iconoclaste rendez-vous musical genevois. Du 1er au 9 juin, les Athénéennes réinvestiront l’Alhambra, l’Abri et le Temple de la Madeleine. Ce territoire «mouchoir de poche» qui représente si bien l’état d’esprit de la manifestation: multiple et convivial.

La thématique de ce nouveau cru festivalier? L’hommage. Une belle occasion de mettre en valeur les liens que les compositeurs et musiciens ont pu tisser en notes avec les êtres qui leur sont chers. Il y a ces dédicaces inscrites en exergue de leurs partitions mais aussi ces titres, citations, exercices de style sur des œuvres évoquées par leurs thèmes, ou encore messages cryptés en notes lettrées, paraphrases, arrangements ou orchestrations de pièces antérieures. Tout un monde d’affinités, d’affections, d’admirations, d’influences, de révérences et de références.

Cet univers d’échos musicaux, les fondateurs des Athénéennes ont choisi de l’explorer, comme toujours, tous styles entrecroisés. La musique classique, le contemporain et le jazz tiennent bien sûr le haut de l’affiche du trio de programmateurs, l’excellente pianiste Audrey Vigoureux et les jazzmen Marc Perrenoud et Valentin Peiry.

Gérard Depardieu en invité d’honneur

La soirée la plus «visible», se profile le dimanche 3 juin. Gérard Depardieu viendra y rendre son fameux hommage à Barbara, où il reprend quatorze de ses chansons d’élection. Gérard Daguerre, qui accompagna la grande Dame en noir est au piano pour retendre le fil puissant qui se noua entre les deux artistes, notamment à l’occasion du spectacle Lily Passion.

Pouvoir inviter une star de cette dimension montre bien que les Athénéennes ont atteint un niveau et une renommée de taille. Mais cette belle réputation ne les empêche pas de rester fidèles à leur originalité.

On suivra donc les artistes d’ici ou d’ailleurs venus se réunir sur les scènes. Quant au visuel détonnant qui affiche en ville des personnes tatouées ou portant un accessoire avec le nom d’un compositeur, il interpelle joyeusement le passant.

Myles Sanko, révélation soul

Quelques pistes: Le pianiste de jazz Tigran Hamasyan interviendra dans un programme célébrant le folklore de son Arménie natale alors que son collègue classique Sergei Babayan jouera avec l’OCG un concerto de Mozart et celui de Schnittke. Un ciné-concert est annoncé dans une carte blanche avec l’AMR. L’ensemble Batida se lancera dans une «revisitation» pulsante du Sacre du Printemps de Stravinsky et on pourra découvrir la révélation soul Myles Sanko.

Avec les autres propositions blues, folk, cabaret, funk, expositions photographiques, after show, dj-set, masterclass ou répétitions, les Athénéennes n’ont pas fini de surprendre et de séduire mélomanes et noctambules. Une belle attitude rebelle, qui sème une graine de fête dans le paysage classique genevois.


Les Athénéennes, Genève, du 1er au 9 juin.

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