Après avoir fêté ses 10 ans en temps de pandémie, pour cette nouvelle édition, le festival retrouve ses proportions d’avant-covid. Du 1er au 11 juin, neuf soirées et 24 concerts sont prévus à l’Alhambra et au temple de la Madeleine (qui a fait peau neuve). Le principe séduisant des Athénéennes, c’est cet éclatement volontaire des frontières musicales pour parvenir à un agencement savoureux de musique classique, jazz et création, le tout imaginé par les trois pianistes: Audrey Vigoureux, Marc Perrenoud et Valentin Peiry. Trois concerts par soir qui se terminent au bout de la nuit avec des sets de DJ.

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Côté classique, on pourra vibrer avec Lea Desandre et l’ensemble Jupiter dirigé par Thomas Dunford dans un programme Vivaldi. A découvrir également la mezzo-soprano Fiona McGown – qui s’est récemment illustrée dans un disque sur les créations de la compositrice Camille Pépin. Elle sera accompagnée par l’ensemble à cordes I Giardini pour une soirée autour de Fauré et de la compositrice américaine Caroline Shaw. La cheffe d’orchestre Lucie Leguay dirigera, quant à elle, l’Orchestre de chambre de Genève (OCG) dans un concert mêlant Bach, Pintscher et Chostakovitch.

Sur les pas de Dante

Côté jazz, c’est la voix de velours de la jeune et talentueuse Célia Kameni que l’on pourra écouter avec l'Amazing Keystone Big Band dans un hommage à Ella Fitzgerald. La diva franco-coréenne Youn Sun Nah sera également de la partie pour présenter le répertoire de son nouveau disque Walking World, tandis que la chanteuse de flamenco Estrella Morente participera à deux soirées: notamment celle d’ouverture le 1er juin avec L'Amour sorcier de Manuel de Falla. La chanteuse lausannoise Billie Bird ouvrira, elle aussi, cette soirée du 1er juin.

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Les nuits sont longues aux Athénéennes puisqu’elles se terminent toutes à l’Alhambar avec des sets de DJ, célèbres des nuits genevoises. On retrouvera, par exemple, Jean-Alexandre Blanchet pour un mix funk le 1er juin, un set à quatre mains de Maudite et Pol le 3 juin et la musicienne helvético-chilienne Léa Pohlhammer quelques nuits plus tard.

Une soirée lecture et musique encore avec le pianiste David Fray qui interprétera les Variations Goldberg de Bach, tandis que la comédienne italienne Chiara Muti lira la Divine Comédie. Le pianiste Maxime Sanchez et le contrebassiste Florent Nisse viendront se frotter au Purgatoire avant que l'oudiste Amine Mraihi et son ensemble NoMad Spirits, avec la chanteuse syrienne Lynn Adib, suivent eux aussi les traces musicales de Dante et Virgile.

Röstigraben

C’est l’une des volontés affichées de cette direction à trois têtes de mettre en valeur la scène musicale helvétique et de décloisonner les frontières linguistiques. On aura ainsi la possibilité d’entendre la saxophoniste Nicole Johänntgen, zurichoise d’adoption, dans son nouveau projet blues rock conçu comme un hommage à la Nouvelle-Orléans, le saxophoniste zurichois Christoph Irniger et son quintet Pilgrim et le pianiste fribourgeois Florian Favre dans son nouveau projet en solo Identitâ.

A noter enfin que par solidarité les trois directeurs ont décidé de proposer un accès gratuit à toutes les soirées du festival aux réfugié·es ukrénien·nes.

Les Athénéennes, divers lieux dans Genève. Du 1er au 11 juin.