SUCCES

En attendant Bojangles: la belle histoire du printemps

Histoire d’amour loufoque et poignante, le premier roman d’Olivier Bourdeaut s’arrache

Olivier Bourdeaut a 35 et un sourire lumineux comme ce printemps qui débute. Paru en janvier, son premier roman «En attendant Bojangles» (Finitudes) est devenu le succès éditorial de ce début d’année. Tiré à 10 000 exemplaires, il en est à près de 90 000 aujourd’hui. Et douze pays ont déjà acheté les droits pour une traduction dont les Etats-Unis…

"Mr. Bojangles, Mr Bojangles, Mr Bojangles, dance!" chante Nina Simone avec la voix voilée de mélancolie. Cette chanson des années 1970, Olivier Bourdeaut l’a écoutée en boucle pendant l’écriture de son livre. Mr Bojangles, dit la chanson, est un vieil homme aux cheveux blancs qui danse dans les bars de la Nouvelle-Orléans, les vêtements élimés, les chaussures usées. Il saute si haut, si haut et retombe si doucement…

La chanson résonne aussi sans cesse dans le roman. Le narrateur est un enfant qui raconte sa vie aux côtés de parents fantasques. Portés par leur amour, ils font de chacune de leur journée une fête et dansent, partout, follement, aux sons de Mr Bojangles. Toujours entre deux éclats de rire et deux verres de gin, le père Georges est un avocat qui a trouvé un filon financier en or grâce à son ami sénateur. Débarrassé de tout souci d’argent, il écrit des livres dont les éditeurs ne veulent pas. A la banalité du quotidien, la mère, qui change de prénom chaque jour, préfère les histoires imaginaires et les beaux mensonges. Et puis il y a Mademoiselle Superfétatoire, un oiseau de Namibie au long cou, qui déambule dans la maison. Dans une atmosphère fitzgéraldienne, le couple entraîne ainsi le fils loin de l’école et des contingences de l’enfance.

Mais les fêtes masquent de plus en plus mal la folie de la mère. Comme la chanson, comme la voix même de Nina Simone, le roman mêle rire et larmes. Impeccablement construit, à partir du récit de l’enfant et du carnet de notes du père; porté par un rythme tourbillonnant comme les danses improvisées des parents, fort d’un univers très personnel, «En attendant Bojangles" ne se lâche pas.

Avant ce succès, Olivier Bourdeaut enchaînait les petits boulots. Dans les interviews, il rit d’un rire qui désarme. Un peu comme Mr Bojangles dans la chanson.

Olivier Bourdeaut, «En attendant Bojangles», Finitude, 160 pages. 4 étoiles.

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