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En attendant l’Allemagne

Face aux institutions telles que «Tatort», la fiction TV allemande a ses innovations. Hélas, celles-ci semblent sporadiques et peu accessibles au-delà des frontières nationales

Il y a bien sûr les vénérables chênes du paysage télévisuel, qui croissent et s’épaississent chaque année, grâce à la patience d’un auditoire fidèle. En premier lieu, Tatort, la série policière qui fait le tour des régions d’Allemagne, parfois d’Autriche voire de Suisse, impérissable rendez-vous du dimanche soir. Depuis 1970, en plus de 800 épisodes, cette fiction du réseau ARD a multiplié les «scènes de crime» en constituant un corpus considérable. Des pans d’Allemagne au fil des décennies, dont on regrette qu’ils ne soient pas plus accessibles aux francophones. La même chaîne continue de captiver son public avec Lindenstrasse, saga familiale lancée en 1985, qui n’hésite pas à évoquer des problématiques d’actualité.

Il serait facile de dépeindre la fiction TV allemande avec les clichés attachés au pays, ses valeurs supposées. A l’image de ses voitures. Une fiction fiable, solide, durable. Une mécanique efficace, modeste et dominatrice à la fois – dans ce cas, sur son marché intérieur, car cette branche-là exporte peu.

On a pourtant connu quelques nouvelles narrations, évoquées naguère dans ces colonnes. Le genre policier avec le personnage plutôt grinçant du Dernier Témoin (1998-2007), série montrée sur le tard par Arte. Laquelle a aussi permis de découvrir l’excellent feuilleton KDD , chronique multiculturelle d’un commissariat de Berlin. Ou encore, à propos de coexistence des cultures, Türkisch für Anfänger , ou les tribulations d’une famille en cours d’intégration cahin-caha, diffusée par la RTS.

Vue de presque loin, la production allemande semble ainsi vivre par à-coups, tendue entre deux pôles, les institutions télévisuelles d’un côté, les inspirations, hélas trop fugaces, de l’autre. Par rapport à son poids en Europe et dans le monde, que Le Temps a analysé ces dernières semaines, la participation de l’Allemagne dans le bouillonnement des séries TV frustre les amateurs – tout au moins par ignorance, faute de relais sur d’autres chaînes, d’éditions DVD sous-titrées ou de circulation web, qui permettraient d’en prendre la mesure. Reste l’espoir que cet état de fait ne soit que passager et que la première puissance européenne apporte aussi sa voix dans ce petit domaine.

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