Dévoilée en décembre dernier, l’affiche du Montreux Jazz Festival (MJF) 2021 a été réalisée par Marylou Faure. Pop et colorée, elle montre une femme assoupie. «J’ai voulu retranscrire ce sentiment unique de légèreté et de rêverie que provoque la musique», explique l’artiste et illustratrice française. Espérons qu’il ne faut pas voir là un mauvais présage, un signe que la 55e édition de la manifestation lémanique, agendée du 2 au 17 juillet, devra pour la seconde fois d’affilée être mise en sommeil.

Le MJF annoncera en mars les défis auquel il doit faire face et à quoi pourrait ressembler cette édition qui en tous les cas sera différente. Dans l’intervalle, le festival poursuit un développement visant à occuper l’espace en marge des deux semaines durant lesquelles il rayonne en été loin à la ronde – un virage amorcé fin 2019 avec la création d’une société médiatique autonome, Montreux Media Ventures. Cette structure a notamment pour but de mieux gérer et diffuser les contenus que possède et produit le festival depuis 1967, via les possibilités offertes par le streaming, tout en créant des événements sur mesure pour les marques, labels ou partenaires qui le souhaiteraient.

Contenus exclusifs

Dans la lignée de ce projet tourné vers la diffusion, le MJF annonce aujourd’hui un partenariat avec Qello Concerts by Stingray, leader mondial en matière de diffusion numérique de musique live. Dans le cadre d’un accord portant sur plusieurs années, la plateforme nord-américaine retransmettra en direct les prochaines éditions du festival et bénéficiera de contenus exclusifs directement produits et réalisés par Montreux Media Ventures. Pour l’heure, Qello Concerts by Stingray propose déjà en streaming plus de 50 concerts du Montreux Jazz Festival, de Ray Charles au Wu-Tang Clan, en passant par Johnny Cash, Nina Simone, Marvin Gaye et bien entendu Deep «Smoke on the Water» Purple.

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Directeur de Montreux Media Ventures, Nicolas Bonard se réjouit d’un accord vu comme «un élément clé du modèle hybride» que développe le festival afin d’annualiser sa présence sur les réseaux. «Le streaming est un média crucial pour assurer la pérennité du festival: si les gens ne peuvent pas assister aux concerts à Montreux, nous les ferons venir chez eux.»

Vingt artistes sélectionnés

En parallèle, le MJF lance une nouvelle marque afin de soutenir de manière proactive les jeunes talents. A l’enseigne de MJF Spotlight, la manifestation entend proposer des événements tant physiques que virtuels. L’idée est, en marge d’une grande soirée organisée l’été à l’enseigne du festival, d’organiser des concerts tout au long de l’année – dès que les restrictions sanitaires seront levées – dans différents lieux de Suisse. Mathieu Jaton, directeur de la manifestation, se réjouit d’œuvrer à travers cette initiative à la visibilité de stars de demain, à l’heure où l’arrêt brutal de l’industrie du live «a fortement impacté l’éclosion de nouveaux artistes».

Chaque début d’année, le MJF dévoilera une liste de 20 artistes émergents à suivre durant l’année. Parmi la première cuvée Spotlight se trouvent notamment la Suissesse Priya Ragu, nouvelle étoile R’n’B, les groupes anglais Sault et The Lathums ou encore la chanteuse française Yseult. Chaque mois, un artiste sera mis en lumière sur les réseaux avec des contenus originaux, tandis que des MJF Spotlight Sessions mensuelles proposeront des enregistrements live disponibles en vidéo et audio. Cette initiative s’accompagne en outre d’une playlist qui verra les programmateurs montreusiens proposer chaque mois 20 nouveaux morceaux faisant l’actualité musicale.