Dès ce mercredi, le Musée d'ethnographie de Genève sert de décor à un spectacle en forme d'enquête sur la place et l'intérêt des objets de mémoire aujourd'hui. Une enquête dont on savoure ici les dernières découvertes, l'ultime écriture, mais qui repose en fait sur une année de rencontres avec les conservateurs du musée, d'immersion dans les collections. Vincent Aubert est comédien, Jacques Siron musicien. Chacun a toujours pratiqué sa «spécialité» en l'enrichissant de quelques rencontres. Vincent Aubert avec l'univers clownesque et la danse, Jacques Siron en mariant sa contrebasse à des projets de plasticiens, de vidéastes, de danseurs, ou encore en accompagnant des films muets. Depuis quelques années, ils testent leur complicité artistique sous l'appellation contrôlée d'Aubert & Siron ®.

«Aubert et Siron ®, vous connaissez?» «Il y a une salle de spectacle au musée?» «C'est un spectacle moderne ou bien est-ce qu'on peut nous aussi comprendre?» Les deux compères entrent en scène par la porte du musée et fondent sur l'huissier avec une batterie de questions. Car si Aubert & Siron ® ont mené l'enquête, ils ne l'ont pas pour autant bouclée, ni au niveau de la forme, leur prestation étant basé sur l'improvisation, ni sur le fond, d'où le foisonnement de questions qui continue tout au long de cette visite-spectacle. Comme celles-ci: «Est-ce qu'on exporte l'importance de l'objet avec l'objet?» «Peut-être que là-bas, ils ne savent plus ce que c'est puisque c'est ici?»

Dans la salle de l'Amérique précolombienne ou dans la bibliothèque, devant une momie d'Amérique du Sud ou devant les sept samouraïs des vitrines japonaises, les deux artistes exploitent pleinement ce matériau si riche de résonance qu'est un musée d'ethnographie. Ils posent leur pièce en hommes de spectacle dans le vaste puzzle actuel autour de l'objet, entre mémoire et esthétisme.

«Aubert & Siron ® au musée», au Musée d'ethnographie, bd Carl-Vogt 65 à Genève, rens. tél. 022/418 45 50. Me-ve à 20h30, sa-di à 18h. Jusqu'au 16 février.