Le talent de Michel Layaz séduit les lecteurs professionnels comme ceux qui font de la lecture leur passe-temps préféré. Après le Prix Dentan, au printemps 2003, Les Larmes de ma mère, paru aux Editions Zoé, vient de recevoir le Prix des auditeurs de la Radio Suisse romande. Cette récompense, décernée par un jury populaire, représentant toutes les régions de Suisse romande et toutes les catégories d'âge, de sexe et de profession, est particulièrement gratifiante pour un auteur, qui se sent élu par son public. Lors de la remise du Prix Dentan, Michel Layaz déclarait dans le «Samedi culturel» du 17 mai 2003: «J'aimerais avoir un public de 3000 à, disons, 5000 personnes qui me suivent.» Cette ambition raisonnable a de bonnes chances d'être dépassée si les lecteurs adoptent l'enthousiasme de leur jury.

Séduisant récit d'enfance

Ce cinquième roman du jeune auteur lausannois a d'ailleurs été très bien reçu, en Suisse comme en France, où Michel Layaz passe une bonne partie de son temps et où ses livres sont très appréciés des libraires. Plus libre de ton que ses précédents ouvrages, libéré des contraintes formelles trop contraignantes, Les Larmes de ma mère est un séduisant récit d'enfance qui enroule ses volutes autour de l'image d'une accouchée en pleurs, tenant son nouveau-né dans ses bras. Pourquoi a-t-elle pleuré? A travers les mots, les voix, la parole, qui sont autant de personnages du livre, Michel Layaz cerne ce mystère. La complexité des liens familiaux et le poids du non-dit étaient déjà au cœur des Légataires (Zoé, 2000)

Michel Layaz recevra son prix le 1er mai au Salon du livre de Genève à 11 h sur le stand de la RSR. Ce sera aussi l'occasion pour ses lecteurs de découvrir le dernier roman de cet auteur prolixe: La Joyeuse Complainte de l'idiot, un récit allègre, d'un ton nouveau. L'«idiot» du titre est un des pensionnaires de «La Demeure» où Madame Vivianne, généreuse figure maternelle, accueille des garçons à l'intelligence «décalée» qu'elle prépare à la vie. On retrouve dans ce livre, sur un registre plus gai, le goût des mots, des sons, qui faisait déjà le charme des Larmes de ma mère.