Sur l’une des cinq images proposées au jury figure un poing levé. Signe prémonitoire de la victoire? Augustin Rebetez a emporté dimanche le Grand Prix international de photographie de Vevey, parmi 750 candidats provenant de 63 pays. Il dispose désormais d’une année et de 40 000 francs pour «construire un univers total autour du monde du cirque». Le résultat de son travail sera exposé lors du prochain festival Images, à Vevey, en septembre 2014.

«Son projet nous a enthousiasmés, il est si imaginatif, fou et en même temps intéressant, relève Kathy Ryan, rédactrice en chef photo au New York Times Magazine et membre du jury, présidé par Bettina Rheims. Une fois le premier tri effectué, la décision a été très rapide et tout le monde est tombé d’accord sur ce dossier.»

Réaction de l’heureux finaliste depuis Lagos, où il est venu présenter le film Hunting Diamond Joe, avec le collectif Le Cowboy noir. «Je suis passablement surpris. Je ne m’attendais pas à gagner parce que c’est un grand concours et parce que mon projet ne relève pas de la photographie classique. Je suis content d’avoir ce projet en ligne de mire pour l’an prochain. Plus qu’un prix, il s’agit de monter une grande exposition, ce qui va m’occuper une grande partie de l’année prochaine.»

Le projet. «C’est encore très bordélique! Ce projet s’inscrit dans la continuité de mon travail actuel, tout en étant focalisé sur le domaine du cirque et des professionnels du corps que sont les acrobates ou les contorsionnistes. J’ai utilisé pendant des années les amis que j’avais sous la main pour effectuer mes mises en scène. Je me rends compte désormais que, si je veux être bon, je dois travailler avec des professionnels du corps, qui pourront se plier à des demandes plus particulières. Je ne sais pas encore où je vais aller ni comment je vais procéder, mais je passerai certainement par Stockholm et Montréal, où se trouvent de grandes communautés de circassiens.

J’imagine une exposition totale, avec des vidéos, de la photographie, des stop motions – loin de la traditionnelle expo photo et d’un travail documentaire. J’ai envie de réinventer la forme et le contenu des images, tout comme l’espace d’exposition. J’ai envie de quelque chose de totalement inédit et non d’ajouter deux ou trois nouvelles photographies comme lors de mes dernières expositions. Il s’agira de créer un univers, de faire à la fois rêver et réfléchir, de toucher les gens.»