Dans la ville artificielle, le jeune Ted veut plaire à la jolie Audrey qui rêve de voir un véritable arbre. Le kid se risque hors des murailles. Au fond d’un sinistre no man’s land, il découvre une cabane biscornue où se terre l’homme par lequel la déforestation est arrivée.

Le reclus a jadis inventé le «thneed». Le succès de ce machin pouvant servir de couvre-chef comme de serpillière a conduit à une surexploitation des ressources naturelles. Même le Lorax, le porte-parole des arbres, une petite créature à poil orange et moustache jaune, grognonne mais charmante, n’a pas réussi à freiner l’abattage massif.

Il reste une chance de ressusciter la nature, une ultime graine. Ted va-t-il réussir à faire refleurir le pays et purifier l’air?

La danse des poissons

Le Lorax a été inventé par Dr Seuss (Theodor Seuss Geisel pour l’état civil), écrivain et dessinateur, figure de la littérature enfantine (The Cat in the Hat), auquel le cinéma doit une bonne part de son inspiration (Horton l’éléphant, Le Grinch). Chris Renaud (Moi, moche et méchant) et Kyle Balda, responsable de l’animation sur Toy Story ou Monstres et Cie, ont adapté de façon dynamique cette fable forcément naïve, mais néanmoins capitale.

Témoignant d’une efficacité irréprochable, servi par une 3D élégante, relevé d’inventions graphiques charmantes (les cernes de croissance des arbres ne sont pas concentriques mais spiralés…), Le Lorax s’organise en deux temps. Un flash-back sur l’ère révolue de la nature radieuse, un coin de paradis avec des arbres chevelus, des bisounours et des poissons rouges qui dansent dans les prairies… Et puis le monde moderne, régi par les lois de l’économie, où les arbres sont des produits hi-tech, avec télécommande et quatre saisons au choix – printemps, été, hiver et disco…

A côté des poursuites trépidantes et des séquences de comédie musicale, le film s’autorise une plaisante satire du capitalisme, personnifié par Mr. O’Hare, un nabot pas plus haut qu’un porte-monnaie, qui explicite le cycle de l’air et du profit: on produit, on pollue, on étouffe, on produit de l’air en bouteilles, etc. Cette parabole du désastre écologique date de 1972. Le message du Dr Seuss n’a toujours pas été entendu.

VV The Lorax – 3D, de Chris Renaud & Kyle Balda (Etats-Unis, 2012), 1h26.