Le conseiller national UDC, enseignant et écrivain Oskar Freysinger s'est vu refuser le statut de membre de l'association Autrices et Auteurs de Suisse (AdS). Le comité de cette association de 800 membres l'a fait savoir jeudi dans un communiqué. Il rejette la demande d'adhésion formulée par le Valaisan le 25 novembre dernier, au motif qu'il «ne remplit pas les conditions» fixées dans les statuts de l'association (lire LT des 18 et 19.11.04 et du 18.12.04). En particulier le respect de «principes sociopolitiques et éthiques» impliquant par exemple de «faire progresser les libertés culturelles, politiques et juridiques des habitant-e-s de notre pays».

Rien à voir avec une restriction de la liberté d'expression

Pour motiver son refus, l'AdS pointe «ses poèmes misogynes, son approbation à l'égard d'un type de propagande qui, forte du principe selon lequel la fin justifie les moyens, joue sur les peurs latentes de la population, ainsi que ses multiples déclarations tendant à discriminer collectivement certaines minorités». Des éléments qui «contredisent ouvertement l'engagement statutaire de l'AdS de contribuer à promouvoir une société ouverte et solidaire».

Le comité de l'association précise que «cette décision n'a rien à voir avec une restriction de la liberté d'expression». Oskar Freysinger, auteur du recueil de nouvelles Brüchige Welten sous-titré «Histoires courtes, paraboles et satires», ne partage évidemment pas l'avis de l'AdS et considère ce refus comme un procès d'intention: «Cette décision me conforte dans ce que je pensais et qu'a relevé notre conseiller fédéral Pascal Couchepin à propos du cinéma, à savoir que les milieux culturels sont pris en otage par la gauche».

Oskar Freysinger doute également que l'AdS ait demandé à ses 800 membres ou à ses auteurs musulmans de faire pareil «serment d'allégeance». Il voit dans cette décision «deux poids, deux mesures» et l'incarnation parfaite de «la dictature de la pensée unique». Le Valaisan promet de réagir et, puisque le «système officiel [le] boycotte», de tenter de réunir sous une même bannière «des créateurs de droite afin de mettre le doigt sur les dysfonctionnements du système». Pour créer une certaine équité, conclut-il.