«Ma vie sociale? Un vagabondage. Mais en moi je devenais de plus en plus bête. A la fin, la fleur que je regardais au jardin botanique de Curepipe SE MIT A ME REGARDER. Désormais, alors que je n'étais rien pour les hommes, pour la fleur, J'ETAIS QUELQU'UN, puisque la fleur prenait compte de moi.» La végétation de l'île Maurice n'est pas tout à fait seule à se souvenir de l'écrivain Malcolm de Chazal (1902-1981): les Editions de l'Harmattan ont eu la belle idée de publier en fac-similé l'Autobiographie spirituelle manuscrite de ce «nègre blanc», ingénieur, petit fonctionnaire, poète et philosophe, un temps encensé par les surréalistes puis relégué dans l'oubli, probablement à cause de ses tendances déistes. Les notices de Robert Furlong et Christophe Cassiau-Haurie tracent un bon portrait de cet original attachant, comme les îles savent en faire naître. Parallèlement, les mêmes publient Moïse, un mystère, une pièce de théâtre issue de cette œuvre proliférante, connue surtout pour ses aphorismes.