Un prix mérité pour un auteur peu connu, c'est réjouissant! Sang impur (Phébus, 280 p.) est un superbe roman autobiographique, où l'Irlandais Hugo Hamilton raconte son enfance dans le Dublin des années 1950, sous la férule d'un père qui échouait piteusement dans toutes ses entreprises et faisait régner la terreur à la maison: ce militant nationaliste fanatisé interdisait en effet qu'on parle anglais sous son toit, sinon gare aux taloches et aux coups de trique. C'est ce calvaire domestique qu'évoque Hamilton, mais aussi la chaude présence d'une mère lumineuse, «dont les câlins vous faisaient craquer les os». Ce récit jamais larmoyant s'impose surtout par son écriture: un modèle de grâce, comme si l'auteur avait retrouvé le langage et l'innocence de l'enfance pour se mettre en scène.