«Mon peuple!… Cher peuple… Peuple!» Debout derrière son pupitre surmonté d’un micro, le politicien en costume-cravate lève les bras au ciel. Fait une pause, pèse ses mots. C’est bien connu, les premiers sont toujours cruciaux. Puis il déroule le fil de son discours, un concentré de formules démago que seules viennent interrompre une fanfare et des applaudissements préenregistrés. «Je vous enfermerai toujours dans mon cœur!» clame-t-il. «Les frontières sont ouvertes parce qu’elles sont fermées» ou «Qui ne se sent pas libre chez nous, qu’il se dénonce librement!» A l’image du personnage, les formules sont grotesques ou inquiétantes… ou les deux à la fois.

Lire aussi: Aux Jardins musicaux, l’esclavage en roue libre