Scène

Aux Jardins Musicaux, la partition du dictateur

En mettant en scène un politicien à la rhétorique populiste, «Le Tribun» veut dénoncer les travers de la démagogie. Le festival neuchâtelois propose de redécouvrir cette pièce musicale de 1978 qui résonne plus que jamais 
avec l’actualité

«Mon peuple!… Cher peuple… Peuple!» Debout derrière son pupitre surmonté d’un micro, le politicien en costume-cravate lève les bras au ciel. Fait une pause, pèse ses mots. C’est bien connu, les premiers sont toujours cruciaux. Puis il déroule le fil de son discours, un concentré de formules démago que seules viennent interrompre une fanfare et des applaudissements préenregistrés. «Je vous enfermerai toujours dans mon cœur!» clame-t-il. «Les frontières sont ouvertes parce qu’elles sont fermées» ou «Qui ne se sent pas libre chez nous, qu’il se dénonce librement!» A l’image du personnage, les formules sont grotesques ou inquiétantes… ou les deux à la fois.

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