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T’Challa/Black Panther, Steve Rogers/Captain America, Natasha Romanoff/Black Widow et Bucky Barnes/White Wolf se préparent à affronter les hordes de Thanos.
© Chuck Zlotnick

Cinéma

«Avengers: Infinity War» ou le crépuscule des dieux

Thanos passe à l’attaque. Une armada de super-héros se dresse contre le Titan fou dans «Avengers: Infinity War», avant-dernier acte d’une mythologie américaine subjuguant la planète depuis déjà dix ans

Dans une séquence post-générique de Thor: Ragnarok, l’ombre du vaisseau de Thanos tombe sur celui de Thor fuyant la destruction d’Asgard. Avengers: Infinity War commence par un S.O.S. perdu dans l’éther. Les Asgardiens ont été massacrés. Thanos soulève Thor comme une poupée de chiffon et met une raclée à Hulk, tandis que ses lieutenants égrènent leur catéchisme mortifère: «Souriez, car même dans la mort vous êtes les enfants de Thanos.» Après la farce fluo de Ragnarok, place aux noirceurs shakespeariennes…

A la fin de L’ère d’Ultron, déçu par l’échec de son robot génocidaire, Thanos annonçait qu’il allait personnellement prendre en main la destinée de l’humanité. L’heure des ténèbres a sonné. Le Titan fou cherche à s’approprier les six Pierres d’infini qui lui assureraient le pouvoir absolu. Tout-puissant, Thanos constituerait une menace contre le principe même de la vie. Infinity War raconte ce rêve eschatologique.

Marteau de guerre

Les frères Russo, Anthony et Joe, sont derrière la caméra. Ils connaissent leur sujet puisqu’ils ont déjà réalisé à quatre mains deux épisodes de Captain America, Le soldat de l’hiver et Civil War. L’enjeu est ici supérieur, puisque Infinity War est le premier volet du grand finale de la phase III du Marvel Cinematic Universe, qui se conclura avec Avengers 4. Fort d’un budget colossal de plus de 400 millions de dollars, ce film gargantuesque procède au plus grand rassemblement de super-héros jamais vu. Quelque 67 personnages principaux ont été dénombrés.

La difficulté consiste à nourrir la mythologie Marvel (apparition inopinée de Red Skull…) tout en équilibrant les intrigues parallèles et en orchestrant le choc des personnalités. Les réalisateurs placent habilement le spectateur dans une situation de supériorité: il en sait plus que les personnages. Quand Hulk, tombé des étoiles dans les escaliers du Dr. Strange, souffle «Thanos arrive!», le magicien demande «Qui?». Et les Gardiens de la Galaxie ignorent qui est ce Thor, plaqué contre le pare-brise de leur vaisseau.

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Des sous-groupes se forment. A bord d’un engin spatial en forme de donut, Iron Man, Spider-Man et Strange partent affronter Thanos sur sa lune saturnienne. Ils y opèrent leur jonction avec Peter Quill, Drax et Mantis. Thor, Rocket et Groot se rendent sur Nidavellir, l’étoile à neutrons où les nains forgent les marteaux de guerre. Attaqués en Ecosse par les séides de Thanos, Vision et Scarlett Witch sont secourus par Captain America, Vision et Black Widow. Ils se réfugient tous ensemble au Wakanda, royaume du roi T’Challa, alias Black Panther.

Qui survivra?

Dans une inévitable logique de surenchère, les limites de la vraisemblance sont pulvérisées – Thor est traversé sans grand mal par un flux d’énergie stellaire, Iron Man enseveli sous les débris d’une lune. La technologie progresse: Iron Man n’a plus besoin d’enfiler son armure, un tégument de nanoparticules vient le draper.

La bataille finale est naturellement fastidieuse et illogique (pourquoi envoyer des légions de guerriers wakandais affronter avec leurs lances des hordes innombrables de dogues crocodiliens quand War Machine porte sur lui de quoi les atomiser sans effort?). Mais l’humour sauve une nouvelle fois l’entreprise. Il faut voir Thor donner du «gentil lapin» à Rocket, le raton laveur teigneux. Maître de la Réalité, Thanos explose Drax en cubes, ratatine Mantis en guimauve et fait jaillir des bulles de savon du blaster de Peter Quill, l’insolent qui a comparé son menton volontaire à un scrotum. Bruce Banner est en conflit avec Hulk, son double, ce «gros connard vert» qui s’est mis en grève. Le nain forgeron mesure 8 mètres de haut: il est joué par Peter «Tyrion» Dinklage, 1m35… Captain America a troqué son écu à bannière étoilée contre un bouclier africain.

Un coup de mou dans la mission pacificatrice des Etats-Unis? Le Bien ne triomphe pas au terme d’Infinity War. La fin du cycle approchant, le contrat de certaines stars arrivant à échéance, les fans de Marvel prennent des paris sur les réseaux sociaux: qui survivra? Les plus pessimistes d’entre eux ne seront pas déçus. Mais les super-héros sont comme les chats: ils ont plusieurs vies. Un appel au secours est lancé in extremis à Captain Marvel. Suite et fin en mai 2019.


Avengers: Infinity War, d’Anthony et Joe Russo (Etats-Unis, 2018), avec Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Chris Evans, Scarlett Johansson, Josh Brolin, Tom Holland, Chris Pratt, Zoe Saldana, Chadwick Boseman, Benedict Cumberbatch, Mark Ruffalo, 2h29.

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