Pour rejoindre le village de Lionza, il faut descendre du train à la gare de Camedo. La localité comptait six restaurants jusque dans les années 1970, il n’y en a plus qu’un aujourd’hui, le Ristorante Vittoria. Waldo Toscano, douanier à la retraite et mari de la tenancière, sert les bières et les glaces. Il connaît le palais Tondü de Lionza. «Quelque chose se fera», prédit-il, espérant que le monument à l’abandon pourra abriter un «commerce» dont bénéficiera la vallée. Jusqu’au 30 novembre prochain, un appel à projets a été lancé pour le réhabiliter et les médias tessinois se sont mis à parler du village perdu de Lionza, à trente minutes en voiture de Locarno.

Costa, Borgnone, Lionza, Moneto… Dans les années 1950, ces petits villages des Centovalli ont été rejoints par les routes carrossables. Avant, les habitants empruntaient les chemins muletiers. Dans les années 1960, la population locale a décru et les touristes sont arrivés, principalement des Allemands et des Suisses alémaniques. Les femmes ont peu à peu cessé de faire la lessive au lavoir, au bord de la rivière. Restaurants, bureaux de poste et écoles ont peu à peu fermé; les villages n’ont aujourd’hui plus de curé ni de maire résidant sur place. Heureusement, le boulanger Ercole (Hercule, en français) vient trois fois par semaine d’Intragna, avec sa camionnette de livraison, remplir les sacs à pain que les habitants disposent contre les murs.