A chaque nouveau 007, ce sentiment un peu frustrant de formuler toujours les mêmes critiques. En Suisse romande comme ailleurs, ainsi que le montre un petit tour dans les archives. A la sortie de Bons Baisers de Russie, en 1963, François Tranchant écrit dans La Tribune de Genève: «James Bond est toujours égal à lui-même. Costumes bien coupés, humour discret... Le spectateur n'a pas le temps de s'apercevoir qu'il ne comprend rien à cette histoire d'espionnage...» C'est pourtant le deuxième Bond seulement!

Trois ans plus tard, pour l'arrivée d'Opération Tonnerre, Freddy Buache désespère dans La Tribune de Lausanne: «Ce que nous avions dit des trois premiers, nous pourrions le reprendre tel quel puisque le fameux 007 se répète. C'est d'ailleurs la caractéristique propre d'une série soutenue par l'artillerie de la publicité: elle met en condition le public et lui donne à aimer ce qu'on lui a préalablement fait croire qu'il aime.» Quarante-quatre ans et 21 films que ça dure.