Le 3 juillet, Jean-Michel Frodon, responsable de la rubrique cinéma du Monde, a été nommé directeur de la rédaction des mythiques Cahiers du cinéma, propriété du Monde depuis 2000. Cette nomination – et sa prise de fonction immédiate – ont parachevé un mois de rumeurs quant à l'avenir du magazine; un mois de spéculations nées de la fuite dans la presse d'une note confidentielle du directeur général des éditions de l'Etoile. Avec 1,05 million de francs de déficit en 2002, l'éditeur des Cahiers y évoquait six scénarios pour l'avenir, dont celui de la possible disparition du titre, qui a vu naître Truffaut, Godard et Rohmer. Il estimait aussi que «l'impact de la nouvelle formule (lancée en automne 2000, ndlr) a fait long feu», évoquait une «qualité rédactionnelle insuffisante», imputable «à l'absence de direction éditoriale», à «la fracture entre deux rédacteurs en chef», à «la carence de signatures», etc.

L'arrivée de Jean-Michel Frodon correspond à l'un des scénarios évoqués dans la presse, qui implique également la mise en place d'un nouveau projet éditorial, dont le maître mot selon Libération est «restauration». Comprendre: le retour à une cinéphilie de référence et de signatures.

Sur le plan économique, la nouvelle équipe prévoirait une réduction du volume des piges et le possible licenciement d'un tiers du personnel. Certains évoquent également une possible mutualisation des coûts avec Télérama, filiale des Publications de la Vie Catholique, dont Le Monde a justement annoncé hier qu'il en devenait l'actionnaire majoritaire à hauteur de 56% (lire en page 32). Pour l'heure, un des deux rédacteurs en chef – Charles Tesson – a déjà été licencié. Proposition a été faite au second – Jean-Marc Lalanne – «de rester ou de démissionner».